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La révolution des données : l′Afrique doit s′en saisir pour accélérer son développement socioéconomique !





Migration : concepts et analyse

Concepts et définitions

L′une des caractéristiques de la population est sa mobilité géographique ou spatiale. Vaquer à ses occupations, aller en vacances, faire des courses, changer de résidence, etc., sont quelques unes des formes de mobilité spatiale de tout être humain. Elles sont toutes importantes pour la vie, mais seules quelques unes d′elles sont appelées migrations.

La migration est le fait pour un individu de changer de résidence principale. Elle s′étudie alors par référence à un découpage donné du territoire, et sont retenus comme migrations les déplacements de la résidence principale d′une zone à une autre (selon le découpage territorial retenu). Il n′y a donc pas de migration à l′intérieur d′une même unité territoriale. L′unité territoriale dépend de l′objet de l′étude et on peut dans la même enquête définir la migration par rapport au changement de province, de département, d′arrondissement, etc.. Évidemment, si on ne s′en tient qu′à ce critère, on est loin de caractériser une migration. Plusieurs concepts et critères sont à préciser.

Tout d′abord, la résidence principale d′un individu s′entend comme le lieu (en tant que territoire et non forcément l′immeuble ou l′habitat occupé) où il réside "habituellement". En référence à l′année par exemple, il s′agit du lieu il a le plus résidé au cours de l′année. Cette notion ne permet pas de statuer sur tous les cas : si le cas des nomades est facilement compréhensible, la vie moderne offre une catégorie d′actifs disposant des activités en plusieurs lieux qu′ils intègrent à tour de rôle au cours de l′année en fonction des nécessités du travail. Certains polygames dans chacun de ces lieux ont une famille qu′ils entretiennent. Néanmoins, on peut estimer qu′il ne s′agit là que des cas résiduels qui n′affectent que légèrement la mesure de la migration. Dès lors, les déplacements pour cause de travail (navette entre lieu de résidence et lieu de travail par exemple), les courses, les visites, et les voyages divers ne peuvent pas être considérés comme des migrations. Cependant, la connaissance de ces déplacements peut aider aux études d′aménagement du territoire, à la rationalisation des transports urbains, à l′implantation des unités commerciales, aux prévisions socio-économiques (équipements collectifs, services divers)...

Le déplacement considéré comme une migration s′effectue donc d′un lieu (de départ) à un autre (dit d′arrivée). La distance peut ainsi intervenir comme un critère nécessaire. De quelle distance ces deux lieux doivent-ils être séparés ? Il n′y a pas de réponse unique. On n′a pas en général des données détaillées sur la population par distance parcourue lors du dernier changement de résidence. S′en tenant au découpage arrêté du territoire, la notion importante de distance perd quelque peu de sa valeur, puisqu′un changement de résidence partant d′une zone frontalière donnée (par rapport au découpage donné du territoire) à la zone frontalière de l′unité administrative proche sur quelques mètres seulement de distance est une migration, alors que le déménagement d′un bout d′une ville à l′autre bout distant de plusieurs kilomètres n′est pas une migration. Au cours du mouvement d′une population dans l′espace, outre les distances parcourues, les durées de séjour peuvent être très variées. Ici également, il n′y a pas d′uniformité. Une certaine durée de résidence au lieu de destination est nécessaire pour parler de migration. La durée minimale fixée est associée à de nombreuses autres variables telles que l′intention de se fixer dans un lieu donné, la cause du déplacement, la nature du milieu socio-économique considéré. Dans les recensements camerounais, six mois constituent la durée minimale de résidence pour une migration. Un individu qui vient tout juste de changer de résidence au moment d′une enquête est un migrant s′il déclare devoir passer plus de six mois dans son lieu d′arrivée.

Les implications économiques directes de la migration sont multiples et on a par le passé pensé qu′elle était plus du ressort de l′économie que de la démographie. Ainsi, la migration demeure l′un des domaines démographiques les moins étudiés. Les difficultés tiennent surtout à l′insuffisance des données, aux concepts assez complexes faisant intervenir deux populations (celle du lieu de départ, et celle du lieu d′arrivée), aux difficultés d′observation du phénomène... Au cours des dernières décennies en Afrique, on a inclus presque systématiquement dans le questionnaire des recensements démographiques des questions sur le déplacement des populations (lieu de naissance, déplacements intercensitaires ou des 12 derniers mois, etc.). Le phénomène étant d′une grande variabilité dans le temps et dans l′espace, les concepts et méthodes efficientes d′analyse tardent à se faire jour.

Selon le dictionnaire multilingue des Nations Unies, les migrations désignent "un ensemble de déplacements ayant pour effet de transférer la résidence des intéressés d′un certain lieu d′origine ou lieu de départ à un certain lieu de destination ou lieu d′arrivée". Ce concept exclut certains types de mobilité spatiale souvent appelés "migrations" et qui sont : le nomadisme (mouvement de groupe de population sans résidence fixe), les mouvements saisonniers ou pendulaires (cas des personnes résidant dans plusieurs lieux différents au cours de l′année, souvent en fonction des activités économiques lorsqu′elles sont saisonnières). Par ailleurs, pris tel quel, il inclut les changements de logements dans la même ville ou le même quartier ; d′où des précisions supplémentaires à donner.

Les causes du déplacement peuvent éclairer sur son caractère temporaire ou définitif. On parvient aussi à ce discernement en analysant l′ensemble des autres critères (distance, durée, etc.). Ainsi, les déplacements causés par le service militaire, la maladie, la prison, etc., et pour lesquels l′auteur n′a nullement eu l′intention de quitter son milieu d′origine, ne sont pas considérés comme des migrations.

Pour illustration, deux enquêtes sur la migration ont eu lieu au Cameroun dans deux régions densément peuplées avec des questions migratoires importantes, la première en 1982/83 portant sur le thème Enquête sur la pression démographique et l′exode rural et la seconde en 1992 sur le thème "Enquête sur les migrations de retour. Dans la première menée juste avant le début de la crise économique on a demandé à la famille restée au village les raisons du départ de leurs membres, puis lors de la seconde en pleine crise économique, les personnes rentrées au village sont priées de donner les raisons de leur départ pour la première fois du village. Les tableaux ci-après montrent les résultats obtenus.


Raisons de l′émigration (données par les parents restés au village)

Raisons du départ du village

Nord

Ouest

Total

Masculin

Féminin

Masculin

Féminin

Déplacement familial

2,20

3,00

5,90

4,80

9,80

Mariage

0,60

60,30

0,40

27,40

33,50

Économie

18,80

0,60

17,60

1,40

19,00

Scolarisation

2,60

0,30

14,50

5,60

17,10

Autres privés

2,90

1,00

7,40

4,70

10,70

Conflits

2,50

1,40

0,40

0,40

1,30

Santé

0,80

0,60

0,40

0,30

0,80

Mutation

1,60

0,00

0,50

0,20

0,80

Divorce

0,00

0,10

0,00

0,20

0,20

Ne sait pas

0,50

0,20

4,10

3,80

6,60

Total

32,50

67,50

51,30

48,70

100,00

Source : Enquête sur la pression démographique et l′exode rural ; Cameroun, 1982/83



Raisons de l′émigration (données par les migrants eux-mêmes)

Raisons de la 1ère migration

Nord

Ouest

Total

Masculin

Féminin

Masculin

Féminin

Problèmes d′emploi

48,30

2,10

15,90

3,20

27,60

Décisions familiales

2,50

2,50

13,50

11,40

19,50

Raisons scolaires

6,70

0,00

11,90

7,90

16,20

Mariage

0,80

5,50

0,60

9,50

9,10

Autres

2,10

0,40

5,60

4,90

8,30

Attraits urbains..

4,20

0,40

4,40

2,10

6,00

Difficultés familiales

3,40

2,90

2,70

0,80

4,30

Problèmes de santé

1,30

0,80

1,60

3,30

4,10

Difficultés alimentaires

10,10

0,80

0,30

0,00

3,20

Crainte de la sorcellerie

3,80

0,40

0,20

0,00

1,30

Non déterminé

0,80

0,00

0,20

0,00

0,30

Total

84,00

16,00

56,80

43,20

100,00

Source : Enquête sur les "migrations de retour" ; Cameroun, 1992

Terminologies des migrations internes

Migration interne

La migration est dite interne lorsqu′elle s′effectue exclusivement à l′intérieur d′un même pays ou territoire, c′est-à-dire que le pays d′accueil est aussi le pays d′origine.

Un migrant est une personne qui effectue une migration. Par rapport à son lieu de départ, c′est un émigrant, et par rapport à son milieu d′accueil, c′est un immigrant.

Un émigré est un émigrant qui est déjà parti de son lieu d′origine, et un immigré est un immigrant qui s′est déjà installé à son lieu d′arrivée. A la suite des grandes migrations de la fin du XIXè et du début du XXè siècles, émigrés et immigrés ont pris un sens historique. On emploie ainsi émigrés et immigrés lorsqu′il s′agit des migrations anciennes, émigrants et immigrants s′appliquant aux migrations récentes.


Courants migratoires

Soient (i) et (j) deux zones. Le courant migratoire entre (i) et (j) désigne l′ensemble des migrants de (i) vers (j) (flux de sorties de (i) vers (j)) ou réciproquement (flux d′entrées de (j) vers (i)). Si on note mij le flux de sorties de (i) vers (j), mji est le flux d′entrées de (j) vers (i). Pour un territoire découpé en n zones l′ensemble des courants migratoires internes peut être représenté par une matrice (carrée d′ordre n) "origine-destination" Mnn=(mij).

 

D E S T I N A T I O N

O

R

I

G

I

N

E

Zones

1

2

...

j

...

n

Somme

1

m11

m12

...

m1j

...

m1n

m1.

 

2

m21

m22

...

m2j

...

m2n

m2.

 

...

...

...

...

...

...

...

...

 

i

mi1

mi2

...

mij

...

min

mi.

 

...

...

...

...

...

...

...

...

 

n

mn1

mn2

...

mnj

...

mnn

mn.

 

Somme

m.1

m.2

...

m.j

...

m.n

M..

 

Schéma statistique des migrations internes au sein d′un pays


Analyse quantitative des migrants

Trois niveaux sont possibles dans l′analyse des migrations. Elle peut se faire au lieu d′origine, au lieu de destination, ou au niveau des interactions entre les deux milieux, plusieurs facteurs pouvant être également pris en compte. Il n′est donc pas souvent aisé d′aborder de façon générale une analyse des migrations.

Tout dépend d′abord du type de données disponibles. L′instrument d′analyse doit s′adapter aux méthodes d′observation utilisées pour collecter les données.

Cas de la migration nette

La migration nette est le solde de l′immigration (entrées) sur l′émigration (sorties) dans un territoire et au cours d′une période de temps donnés. Au cours de ce temps, l′accroissement de la population d′une région résulte de l′accroissement naturel (naissances moins les décès) et du mouvement migratoire net (entrées moins les sorties).

Soient deux régions (i) et (j) d′un pays. Avec la notation précédente, la migration nette entre (i) et (j) au cours d′une période de temps d(t), notée Sij s′écrit : Sij = mij - mji.

Plusieurs sources de données dont quelques unes sont listées ci-dessus, peuvent permettre son estimation :

Mais il est généralement rare d′avoir toutes les données requises dans de bonnes conditions. En dehors des erreurs de collecte, des confusions peuvent provenir des déclarations non appropriées, notamment sur les lieux de décès et de naissance (qui doivent être les résidences habituelles au moment de ces événements, et non le lieu exact où les événements sont survenus).

a) Migration basée sur le lieu de naissance

Au cours des recensements aux temps t1 et t2, en matière migratoire, on peut demander aux gens plutôt le lieu de leur naissance. Une évolution de la migration entre ces deux dates peut être évaluée, mais il s′agit des migrations dont la période de référence part de la naissance au moment de l′étude. C′est la migration durée de vie. Pour une zone donnée (i), si l′on note (j) le reste du territoire, la migration nette pendant la période (t1, t2) est s(i)=M1-M2, où M1 représente les personnes nées en (j) et recensées en (i) et M2 les personnes nées en (i) et recensées en (j). Si l′intervalle de temps n′est pas très grand, l′erreur faite en négligeant l′effet différentiel de la mortalité peut être faible, conduisant à une bonne estimation de s(i).

Dans cette mesure, les mouvements successifs ne sont pas pris en compte. On lieu de s′intéresser à la résidence antérieure (qui peut être celle actuelle relativement à une période donnée), on peut plutôt chercher à connaître les personnes qui n′ont jamais effectué une migration depuis leur naissance. D′où la notion de migration durée de vie souvent étudiée.

Si on suppose la population étudiée fermée (non soumise à la migration internationale), les résultats de deux recensements et la connaissance des taux de survie perspectifs par âge (ou groupe d′âges) permet d′estimer la migration nette intercensitaire. Si l′intervalle de temps entre les deux recensements est de n années, on a : P2(x+n)=rP1(x), où r (écrit en tenant compte des indices sous la forme npx) est le quotient perspectif de survie de l′âge x à l′âge x+n et P(i) la population d′âge i. Sous deux hypothèses extrêmes (migrations réalisées totalement en t1 d′une part et en t2 de l′autre), la migration nette des personnes d′âges x en t1 est : Equation 41 (expression vraie en admettant une répartition uniforme des décès et migrations au cours de la période intercensitaire). C′est une formule qui n′est pas très usitée, car il faut des statistiques assez fiables, une population fermée, et enfin on doit recourir à d′autres méthodes pour l′estimation de s(x) pour les personnes nées entre la période intercensitaire...

b) Taux de migration nette

Le point le plus délicat est celui du choix de la population de référence (population du lieu de départ, du lieu d′accueil ou les deux). Si l′on calcule parfois des taux relativement à la population du lieu d′accueil, il faut bien remarquer ici qu′il ne s′agit pas d′un taux probabiliste.

Dans le cas de deux recensements, si s(i) est la migration nette de la zone (i) entre les deux recensements, n l′intervalle intercensitaire, P(i,t) et P(i, t+n) la population de la zone i aux deux recensements. On a généralement le choix entre les deux formes de taux suivantes : (taux donnés en pour cent ou pour mille) Equation 42 ou Equation 43.

c) Taux différentiels de migration nette.

Malgré quelques différences persistant entre le mouvement naturel par région et zone d′habitation (dans un pays donné), ce mouvement ne constitue pas en général le facteur moteur de croissance différentielle constatée dans un pays. En effet, le développement de santé, de la scolarisation, ainsi que l′urbanisation a davantage pour conséquence la création des courants migratoires des zones défavorisées vers les zones mieux loties. Aussi, la migration tend plus à devenir l′élément majeur de la distribution spatiale de la population. Cela se voit plus en adoptant une typologie adaptée. Relativement à l′urbanisation par exemple, on distinguerait les grandes villes, les villes moyennes et les zones rurales, et l′on pourra vérifier que les différences de croissance de la population dans chaque strate sont liées au niveau de la migration. D′autres critères de développement peuvent être utilisés : distance des grands centres urbains, infrastructures diverses et leur implantation, etc.

Les taux de migration nette se calculent aussi par sexe et par âge. On prend soin de mettre au numérateur et au dénominateur les effectifs catégoriels de même génération ou groupe d′âge. Il ressort des études faites que les taux par âge montrent en général une migration intense des générations jeunes. Ces taux baissent rapidement après les âges adultes. Quant aux cohortes des enfants, les taux parfois importants relevés dans le Tiers Monde sont liés à l′effet de la reproduction des parents émigrés.

L′étude de la migration nette différentielle peut s′étendre aux caractéristiques tels que la catégorie socioprofessionnelle, le degré d′instruction, l′état matrimonial, etc. Les migrants sont alors comparés aux populations non migrantes (région d′accueil), et leurs spécificités socio-économiques relevées. L′impact réel de ces spécificités tient surtout à l′importance de la migration brute.

 

Population en %

Migrants durée de vie

Indice

d′efficacité

Provinces

en 1976

en 1987

Entrants

Sortants

Migration nette

Adamaoua

4,69

4,72

60619

41085

19534

+0,192

Centre

15,36

15,74

300758

182312

118446

+0,245

Est

4,78

4,93

57678

44812

12866

+0,125

Extrême-Nord

18,21

17,68

34056

146702

-112646

-0,623

Littoral

12,21

12,89

427618

157385

270233

+0,462

Nord

6,25

7,93

130696

45166

85530

+0,486

Nord-Ouest

12,76

11,79

41159

157164

-116005

-0,585

Ouest

13,52

12,77

98674

389611

-290937

-0,596

Sud

4,11

3,56

56587

83328

-26741

-0,191

Sud-Ouest

8,10

7,99

111208

71488

39720

+0,217

Cameroun

100,00

100,00

-

-

-

-

(*) L′indice d′efficacité est le rapport de la migration nette par la migration brute (entrants + sortants).
Source : DEMO 87, vol. III, tome 9.

Effets de la migration sur la répartition géographique de la population


Migration brute

Suivant la terminologie de L. Henry, la migration est un phénomène ouvert (par opposition à un décès qui est un phénomène fermé), mais qui va être traité comme un phénomène fermé...

Alors que la migration nette a des propriétés d′additivité dans le temps et dans l′espace, de mesures directes et indirectes, il n′en va pas de même de la migration brute pour laquelle les problèmes de définition sont nombreux. Les migrations n′ont pas ici le même sens dès que l′on change de territoire, d′intervalles de temps, etc. La méthode d′observation est aussi importante. On peut raffiner les données en faisant intervenir les paramètres perturbateurs telle que la mortalité. Mais pour plus de simplicité, on préfère souvent parler de sorties (émigration) et d′entrées (immigration). Ces dernières causent moins de difficultés dans la mesures où elles sont répertoriées au cours des recensements.

Si l′on prend comme unité statistique la "migration", le taux de migration brute désigne la fréquence des migrations au sein d′une population donnée (ici, le migrant est compté au tant de fois qu′il a migré). Si par contre, l′unité statistique est le "migrant", ce taux est la fréquence des personnes qui migrent au moins une fois dans la population (ici, le migrant n′est compté qu′une fois quelque soit le nombre de migrations accompli). Ce dernier cas est le plus souvent utilisé.

On peut ainsi calculer l′indice d′immigration : Equation 44, où Equation 45 désigne les immigrants de (i) venus en (j) entre les temps t1 et t2, et Equation 46 la population de (j) recensée au temps t2.

Cet indice peut être calculé par sexe ou par âge. Pour la région (j), on a globalement : Equation 47 (il suffit d′ajouter des indices pour les catégories retenues, par exemple l′âge x).

Note : Ces indices intéressants n′ont pas la signification des taux ou des quotients !

Par contre, en matière d′émigration, on peut calculer des quotients. Ainsi le quotient d′émigration dans la zone (i) est : Equation 48, où Equation 49 désigne les émigrants partis (i) entre t1 et t2, et Equation 50 la population soumise au risque d′émigration.

Selon les données disponibles, on peut avoir Equation 49 l′effectif recensé en fin de période. Alors, certains émigrants décédés après avoir émigrés ne sont pas pris en compte. L′effectif réel des émigrants en tenant compte de la mortalité est donc : Equation 51, où qi est le quotient de mortalité de la région de départ (i) pour la période (t1,t2).

D′où le quotient d′émigration, compte tenu de la mortalité : Equation 52. Pour un âge y donné on aura : Equation 53.

En rapportant les immigrants en (i) (provenant de (j) à la population de (i) en t1, et en calculant le quotient d′émigration en (i) vers (j), on peut comparer les deux indices qui ont alors le même dénominateur. La différence entre les deux donne un indice d′immigration nette illustrant les échanges de la région (i) avec la région (j), cette dernière pouvant être le reste du pays.

De façon plus simple, on définit le taux d′émigration brute par le rapport du nombre de migrants durant la période considérée à la population moyenne de la période, ce taux global pouvant se calculer aussi par âge.


Population totale

Immigrants internes

Tous immigrants

%/population totale

Villes du CENTRE SUD

Bafia

19128

7493

7658

40,0

Ebolowa

18239

8266

8634

47,3

Kribi

11261

6013

6281

55,8

Mbalmayo

22075

13749

14093

63,8

Sangmélima

14758

6809

7079

48

Yaoundé

313705

196739

206695

66,3

Villes de l′EST

 

 

 

 

Batouri

15628

5188

5527

35,4

Bertoua

14982

7916

8129

54,3

Villes du LITTORAL

Douala

458426

247965

261959

61,8

Edéa

25398

13912

14241

56,5

Loum

26754

15679

15772

58,9

Manjo

15434

8789

8829

57,2

Mbanga

21422

12170

12290

57,4

Mélong

10776

6700

6724

62,4

Njombé

13410

8508

8616

64,3

Nkongsamba

70463

38210

38635

54,8

Penja

12168

7436

7544

62

Villes du NORD

Banyo

11027

1199

1284

11,6

Garoua

63789

23813

31323

49,1

Guider

17197

4235

4956

28,8

Kaélé

11675

2146

2648

22,7

Kousséri

12456

4605

7023

56,4

Maroua

67063

22020

24894

37,1

Meiganga

17040

5393

6331

37,2

Ngaoundéré

38840

12431

14377

37

Yagoua

14506

4589

5740

39,6

Villes du NORD OUEST

Bamenda

47995

15593

17606

36,7

Kumbo

12533

2482

2713

21,6

Wum

16229

2257

2342

14,4

Villes de l′OUEST

Bafang

25714

9632

9710

37,8

Bafoussam

62104

33860

34104

54,4

Dschang

17814

5319

5383

30,2

Foumban

33737

3476

3578

10,6

Kékem

10876

6788

6810

62,6

Mbouda

15069

6892

6964

46,2

Villes du SUD OUEST

Buéa

24584

11080

12383

50,4

Kumba

44175

20019

26381

39,9

Tiko

14810

6450

8896

60,1

Victoria (Limbé)

26988

11845

14780

54,7

¥ - Les migrants internes désignent les migrants originaires du Cameroun.
N.B. Les villes Bangangté, Muyuka et Isangélé après ajustement ont respectivement 10.567, 10.556 et 11.505 habitants en 1976.
Source : Recensement de 1976 ; Vol.II, tome 5, page 73.

Immigration dans les villes de plus de 10 000 habitants en 1976 (villes classées par province)


Analyse longitudinale

La migration n′est pas un événement définitif (comme le décès par exemple). Du fait qu′elle se renouvelle, il importe de connaître la succession des événements. L′intérêt de l′analyse longitudinale est donc de permettre l′observation de tous les événements conduisant à l′étude des rangs de migration, de l′intervalle entre déplacements, de la probabilité d′un déplacement ultérieur, etc., caractéristiques assez difficiles à saisir à partir d′une étude transversale. Mais bien que cette méthode offre de bonnes perspectives d′analyse, les données nécessaires font souvent défaut, les enquêtes rétrospectives ou à passages répétés pouvant servir de palliatif.

Une table ou un tableau de migration serait d′une grande utilité pour les projections de population par exemple. Seulement, ces tables sont peu établies du fait de la complexité du phénomène migratoire. Deux lieux sont à considérer : l′origine (i) et la destination (j). Il n′est pas aisé de construire des tables pour toutes les unités administratives (i) et (j) d′un pays. La table nationale concernerait plus la migration internationale... Dans le principe, on peut bien construire des tables de migration de rang et en déduire un certain nombre d′indices (séries des sédentaires, probabilités d′agrandissement, etc.).

Impacts socioéconomiques de la migration

L′une des théories les plus répandues de la migration est celle économique. Migrer pour trouver un emploi ou un revenu meilleur a été souvent considéré comme le sens premier de la migration. De nombreuses autres causes sociales et politiques ont été développées, sans mettre en doute l′importance économique. Le peuplement mondial s′est fait dans une suite de migrations. L′histoire révèle aujourd′hui les itinéraires, les motivations et les conséquences des grandes vagues migratoires qu′a connu l′humanité. Certaines économies fortes ont tiré leur force des déplacements de personnes venues d′horizons divers (USA, Canada). A des échelles plus réduites, on décrie presque partout, surtout en Afrique l′exode rural qui est le déplacement massif des ruraux vers les villes. Dans cet exode rural, hormis la scolarisation et quelques situations conjoncturelles, la plupart des ruraux allant en ville espèrent y trouver une vie meilleure grâce à des emplois rémunérateurs. Même la scolarisation qui vide les campagnes des jeunes joue finalement le même rôle dans la mesure où les jeunes devenus adultes, ne pensent plus trouver leur bonheur qu′en ville, qu′ils aient ou non eu une scolarisation réussie.

Il y a donc au premier plan des changements d′autant plus importants dans la géographie spatiale que les migrations sont intenses. La dichotomie ville/campagne, accentuée par la modernisation dont l′industrialisation en particulier, implique une croissance plus élevée des régions fortement urbanisées (zones d′immigration) par rapport aux zones plus rurales (zones d′émigration). Il ne s′agit pas toujours en réalité de l′existence d′emplois attendant les ruraux en ville. Ceux-ci sont souvent non qualifiés pour les emplois urbains. Ils s′installent donc dans le secteur informel qui, bien que souvent jugé utile pour l′économie urbaine, ne constitue pas un secteur moteur pour le développement qui s′accommode mieux du formel, notamment en ville. Promiscuité, quartiers d′habitat spontané, difficile gestion urbaine, pression sur les équipements urbains, etc., tels sont quelques uns des problèmes urbains qui se compliquent avec un exode rural accentué.

La campagne en particulier souffre de la perte de main-d′œuvre adultes, d′où une baisse de la production et de la productivité agricole et pastorale, en l′absence de la modernisation des méthodes de travail dans ces secteurs. Les relations villes/campagnes ne bénéficient pas toujours aux dernières. Les envois de vivre en ville sont parfois très importants, et il n′est pas toujours d′évaluer les échanges de services divers, dont le placement des enfants et des proches. Les liens familiaux entre les migrants en ville et la famille restée au village entretiennent à la fois des échanges socio-économiques, mais aussi une voie pour de nouvelles migrations.

La structure par sexe et par âge (voire pyramides des âges) des populations se transforme au gré du niveau de la migration : population masculine plus nombreuse en ville, proportion des jeunes plus grande en ville, vieillissement des populations rurales, etc.. Les variations de certains paramètres démographiques telles la mortalité et la fécondité avec la migration ne sont pas claires à établir, en particulier dans les pays en développement. En effet, il y a encore quelques années, peu de variation était constatée entre les fécondités urbaine et rurale, en dépit des améliorations urbaines dans le domaine du contrôle des naissances. Le transfert d′une zone à l′autre dans ces conditions n′apporterait donc pas de modification réelle, surtout que le statut du migrant en provenance des campagnes ne change pas sensiblement à l′arrivée en ville. Par ailleurs, les conditions généralement difficiles dans lesquelles vivent les ruraux en ville ne leur donnent pas des avantages sanitaires et hygiéniques pouvant leur assurer une meilleure santé par rapport à ceux restés à la campagne. Les structures de santé proches ne sont pas accessibles gratuitement...

La migration se fait dans des conditions variées. Il n′est pas souvent aisé de se déplacer avec toute sa famille. La séparation des ménages et famille par la migration peut introduire de nouveaux comportements des partenaires (accroissement du pouvoir de la femme dans le ménage). Par ailleurs une migration peut aussi entraîner d′autres migrations, lorsque les autres membres de la famille sont obligés de rejoindre leur chef parti plus tôt. Dans les raisons de migration, on trouve souvent les rubriques "rejoindre un parent" et "retrouver un fiancé". Ce sont des déplacements conditionnés par les départs antérieurs.

Modèles de migration

La migration, phénomène ouvert (renouvelable), peut être considérée comme fermée. Ceci relève d′une démarche scientifique en vue de distinguer ce qui est redevable au phénomène lui-même de ce qui est redevable aux autres phénomènes (étude des modèles).

Les modèles migratoires peuvent être classés selon les caractéristiques de la migration étudiée (migration nette, migration brute, première migration, etc.), soit selon les caractéristiques même du modèle (relations entre migration et certaines variables telles que distance, nombre d′emplois disponibles, revenu escompté). On a également des modèles descriptifs et des modèles explicatifs...

Soient deux régions i et j, Pi et Pj les populations de ces régions, dij la distance entre i et j, n un paramètre à déterminer et k une constante. Si on note Mij le nombre de migrants s′étant déplacés de i vers j, on a : Equation 54. C′est la formule dite de Pareto et qui est à la base des modèles de gravitation.

Pour que la précision d′un modèle aussi simple soit valable, il doit porter sur de grands agrégats. Une autre critique tient à ce que le modèle considère Mij proportionnel à Pi et Pj. Le processus de concentration de la population n′est pas le même partout. Le nombre de postes offerts n′est pas proportionnel à la population dans bien de pays du Tiers-Monde, et le remplacement n′est pas assuré comme attendu dans le modèle de gravitation. Le modèle n′est pas applicable aux sous-groupes de population... D′où des réserves importantes à l′utilisation d′un tel modèle.

D′après Stouffer, le nombre de personnes se déplaçant à une distance donnée est directement proportionnel au nombre de "possibilités" offertes à cette distance et inversement proportionnel au nombre de "possibilités" offertes entre la région d′origine et la région d′accueil. La définition du terme "possibilité" peut induire des différences importantes. Dans une première approche où Stouffer a considéré le nombre de "possibilités" comme étant le nombre de migrants, pour une période donnée, en prenant Md comme le nombre total d′immigrants provenant des régions situées à une distance au plus égale à d de la région (i), et M.d(i) le nombre d′immigrants provenant des régions autour de (i) situées à une distance d′au plus égale à d(i) inférieur à d. Alors, le modèle de Stouffer s′écrit : Equation 55. Seule importe la zone contenue dans un cercle de rayon d. La direction des flux migratoires n′a été prise en compte que dans le second modèle de Stouffer...

Un autre modèle dont on a beaucoup parlé est celui de Todaro. Pour ce dernier, tout migrant potentiel du milieu rural décide de migrer en ville ou de ne pas migrer en se fixant implicitement comme objectif la maximisation du revenu qu′il espère obtenir. Le modèle stipule que les disparités de revenu effectif entre la ville et la campagne détermine l′ampleur de l′exode rural en Afrique, et peut aggraver le chômage urbain. L′importance du modèle est liée au fait qu′il s′appuie sur les causes essentielles de la migration que sont la modernisation économique et l′urbanisation...

Plusieurs autres modèles ont vu le jour, notamment avec la prise en compte de nombreuses variables. La migration est considérée comme un processus d′ajustement de la population à l′espace économique. Il s′agit donc surtout des modèles construits dans le cadre d′une théorie économique des migrations. La plupart n′ont pas été suffisamment testés faute de données.

Certains modèles sont liés à des situations particulières : travailleurs miniers d′Afrique du Sud, déplacement des travailleurs agricoles en Afrique de l′Ouest, déplacement de personnes dans les pays à économie dirigée, modèles liés au type d′idéologie, etc. (Oberai A.S., 1989, Migration, urbanisation et développement, BIT, Genève, vi + 85 pages).

Migration internationale

On parle de migration internationale dès lors que le pays d′accueil du migrant est différent de son pays d′origine. Les difficultés d′observation relevées dans le cadre des migrations internes s′amplifient dans l′étude des migrations internationales. Les immigrants sont saisis de façon relativement aisée lors des recensements. Mais, compte tenu du non respect des réglementations en matière de migration internationale, certains migrants se trouvent en situation irrégulière vis-à-vis du pays d′accueil et de ce fait se soustraient au tant que possible à toute investigation, ou alors fournissent des informations erronées. Néanmoins, on arrive à avoir une estimation acceptable des étrangers dans un pays donné.

Ici, les catégories des migrants varient beaucoup en fonction des motifs des déplacements : migrations de main-d′œuvre ou migration économique, migrations scolaires... Les réfugiés sont souvent considérés comme une catégorie à part qui se subdivise aussi en sous catégories dont les deux plus importantes sont les réfugiés politiques et les réfugiés pour cause de catastrophe naturelle.

Le peuplement actuel de la terre est le résultat d′un long processus migratoire qui n′a pas encore cessé : peuplement du nouveau monde (Amériques) par les colons européens avec l′apport des noirs africains, l′Afrique du Sud multiraciale, les nouvelles vagues de migration Sud-Nord, etc..

Les conséquences de ces migrations internationales sont plus variées au niveau social, économique et politique, mais les retombées sont quelques fois mitigées. On pense par exemple que dans certains cas, les fonds rapatriés atteignent des montants très grands pouvant servir à des investissements utiles au pays de départ. Ce n′est pas toujours le cas. Ces fonds sont aussi parfois utilisés à des fins qui n′apportent pas une plus value au développement du pays : snobisme, construction des maisons de luxe pour retraite, consommation quotidienne. De plus en plus cependant, certains migrants s′organisent pour concevoir des projets viables qu′ils financent pour leur pays et dans ce cas on a de meilleurs résultats.

Pendant longtemps, les réglementations en matière de restriction à l′immigration internationale n′ont pas été appliquées avec fermeté. Les difficultés économiques des années 80 ont permis de reposer la question sur le statut des migrants internationaux. Au niveau africain, l′élan de xénophobie est de plus en plus présent en dépit des traditions de tolérance et d′accueil, des frontières parfois artificielles issues d′un passé colonial qui a séparé les peuples de même origine, etc. (Nigéria, Gabon, Côte d′Ivoire entre autres). On a encore en mémoire la tragédie des Boat People, et plus récemment encore les drames des migrants africains en situation irrégulière en Europe. Ainsi, les expulsions massives et les exactions parfois commises contre les migrants internationaux prouvent aujourd′hui que la migration internationale sera toujours soumise aux restrictions (contrairement aux migrations internes plus libres), malgré les espoirs du FNUAP pour un monde plus prospère dans lequel la migration internationale serait davantage plus résiduelle du fait que les bonnes conditions d′existence se trouvent presque partout et qu′il ne soit plus nécessaire pour le grand nombre de se déplacer pour mieux vivre ailleurs (FNUAP, État de la population mondiale, 1993).

Des informations régulières sur la migration internationale peuvent être obtenues entre autres sur le site de l’Office International des Migrations (OIM). En particulier, vous y avez accès au journal bimensuel Migration Policy Practice Journal dont la version PDF est téléchargeable gratuitement. Une entrée possible est la suivante : IOM, ou alors télécharger le numéro de septembre 2015 au lien Migration Policy Practice, Issue 22.

Migration de remplacement

On peut trouver plusieurs déclinaisons au vocable migration en fonction des circonstances. De la même façon que « émigrés » et « immigrés » sont employés lorsqu′il s′agit des migrations anciennes, « émigrants » et « immigrants » s′appliquant aux migrations récentes (après les grandes migrations de la fin du XIXème et du début du XXème siècles, avec la grande baisse de fécondité dans certains pays occidentaux, on y parle de la migration de remplacement en référence à la migration indispensable pour atteindre un objectif donné (démographie, économique ou social). On peut y recourir pour éviter le déclin de la population totale ou celui de la population en âge de travailler. Les projections calculant la migration de remplacement sont avant tout des exercices démographiques et théoriques et non des prévisions ou des recommandations.

Le concept de la migration de remplacement peut fluctuer, selon l′étude et selon le contexte à laquelle elle s′applique. Il peut s′agir d′un nombre d′immigrants annuels bruts, d′un solde migratoire net, d′un nombre additionnel d′immigrants comparé à un scénario de référence, etc.

Types de migration de remplacement

La migration de remplacement peut prendre plusieurs formes, car plusieurs scénarios de projections démographiques peuvent atteindre un même objectif. Deux formes prédominent néanmoins : la migration de remplacement minimale et la migration de remplacement constante.

i) Migration de remplacement minimal

C’est la migration juste nécessaire et suffisante pour l′atteinte de l′objectif choisi. Elle peut par conséquent connaître de grandes fluctuations entre les périodes. Son calcul dépendra bien entendu de l′objectif choisi. La formule lorsque l’on veut éviter le déclin de la population peut être la suivante :

Migremp.png

ii) Migration de remplacement constante

Elle ne varie pas et demeure la même tout au long de la projection. Ainsi pour un pays et un horizon temporel donnés, on fixe une migration X. Bien évidemment, on s’intéresse plus spécifiquement aux immigrants dont l’entrée dans le pays peut et doit être contrôlée.

En définitive, les résultats bruts de la migration de remplacement ne sont pas toujours identiques, car ils dépendent du type de migration de remplacement utilisé. Quelques études menées en Allemagne, au Canada, aux États-Unis, en Europe, au Japon, au Québec, en Russie et en Slovénie montrent que pour les objectifs démographiques, les observations suivantes sont récurrentes :


Pour plus d’information, voire le site Migration de remplacement.. Vous pouvez aussi consulter les ouvrages suivants :

Bijak, Jakub et al. 2005. «Replacement Migration Revisited : Migratory Flows, Population and Labour Force in Europe, 2002–2052» In UN ECE Work Session on Demographic Projections, Vienne, 21-23 septembre 2005, 37 p. http ://circa. europa. eu/irc/dsis/jointestatunece/info/data/paper_Bijak. pdf

Marois, Guillaume. 2007. «Démystification de l′impact de l′immigration sur la démographie québécoise : des résultats étonnants», Mémoire déposé lors de la Consultation publique en vue de la planification triennale des niveaux d′immigration pour la période 2008-2010, Commission de la culture, Gouvernement du Québec, 15 p. http ://www. bibliotheque. assnat. qc. ca/01/mono/2007/10/949645. pdf

Marois, Guillaume. 2008. «La «migration de remplacement» : un exercice méthodologique en rapport aux enjeux démographiques du Québec», Cahier québécois de démographie, vol. 37, n° 2, 2008, p. 237-261 http ://www. erudit. org/revue/cqd/2008/v37/n2/038132ar. pdf

Statistique Canada. 2002. «La fécondité des immigrantes et de leurs filles au Canada», Rapport sur l′état de la population du Canada, rédigé par Alain Bélanger et Stéphane Gilbert. Ottawa (Ont. )  : Statistique Canada, pp. 135-161 http ://www. osfi-bsif. gc. ca/app/DocRepository/1/fra/bac/pdf/2006_09_22_belanger_f. pdf

United Nations. 2000. Replacement Migration, UN Population Division, New York (É-U), 143 p. http ://www. un. org/esa/population/publications/migration/execsumFrench. pdf

 



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