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La révolution des données : l′Afrique doit s′en saisir pour accélérer son développement socioéconomique !





Optimum de population



De façon simpliste, on peut bien imager que l’on dise que la population d’une zone géographique est trop grande ou trop petite. En effet, il peut y avoir peu de gens pour maintenir une économie productive ou faire rayonner une culture. A l’inverse, il peut y avoir tellement de monde que les effets produits sur la qualité de vie et l’environnement nuisent plutôt au bien-être actuel et futur. Alors, il s’impose donc qu’il existerait pour cette zone géographique à un moment donné un effectif raisonnable de population pouvant garantir son mieux-être et que l’on pourrait dénommer population optimale !

Dans les faits, la traduction de ce raisonnement simpliste en théorie de population ne s’est pas avérée fructueuse au point qu’aujourd’hui le concept d’optimum de population n’est pas très courant en démographie et plus spécifiquement dans les politiques de population, comme l’a laissé présager certaines théories économiques du 19ème siècle. En effet, dans les théories économiques classiques d’alors, il ressortait implicitement qu’il existe un seuil de population en-dessous duquel, toutes choses égales par ailleurs, le bien-être économique par tête est maximisé. C’était le cas chez John Stuart Mill (1806–1873), avec une économie essentiellement agraire.

Néanmoins, si on ne parle plus au quotidien de l’optimum de population, d’autres concepts utilisés n’en sont pas très éloignés : transition démographique, planification familiale, stabilisation de la population, etc.


L’optimum de population est une notion qui s’étudierait mieux en démographie économique et sociale. La démographie économique et sociale étudie, d’une part, les conséquences économiques et sociales des phénomènes démographiques et, d’autre part, les effets démographiques des facteurs économiques ou sociaux. Les relations existant entre la population et les ressources dont elle dispose, ainsi qu’entre la population et la production des biens et services, constituent d’importants sujets d’étude de la démographie économique. Dans l'analyse des relations entre la croissance d'une population et sa croissance économique, interviennent notamment les notions de consommation, d'épargne, d' investissement et de marché du travail.

Les mots surpeuplement, ou surpopulation, d’une part, et sous-peuplement, ou sous-population, d’autre part, expriment respectivement les notions qualitatives d’excès et d’insuffisance numérique de la population d’un certain territoire. Ces notions n’ont de sens que pour un certain degré de développement; elles peuvent être précisées par référence à un optimum de peuplement, ou population optimale, c’est-à-dire au peuplement qui serait le plus avantageux pour les habitants du territoire considéré, optimum qui dépend de la nature des avantages envisagés. C’est ainsi qu’on peut définir un optimum économique comme le nombre idéal des habitants d’un certain territoire, qui procurerait à ceux-ci le maximum de bien-être matériel. Ce bien-être est d’ordinaire assimilé au niveau de vie, lequel est généralement caractérisé par le revenu réel moyen par tête. Parallèlement à l’optimum économique, on peut définir un optimum de puissance, correspondant à la population qui assurerait la puissance militaire maximale à l’État considéré, et des optimums sociaux, qui permettraient de dispenser aux habitants le maximum d’avantages sociaux d’un type déterminé.


La prise en considération de la notion de développement économique, ou plus précisément de rythme de développement économique, conduit à faire correspondre à chaque type d’optimum statique un type d’accroissement optimal, ou rythme optimal d’accroissement, de la population, défini comme la vitesse d’accroissement qui serait la plus avantageuse, à partir d’une situation de fait donnée. Ces notions présentent un intérêt particulier pour les pays dits en voie de développement, ou insuffisamment développés, ou sous-développés, dont le degré de développement est faible.


On entend généralement par population maximale d’un certain territoire la population la plus élevée qu’il serait concevable de faire vivre sur ce territoire, compte tenu des ressources offertes par celui-ci d’une part, et du niveau de vie minimal admissible pour le ou les peuples considérés d’autre part. La notion de population minimale, par contre, exclut toute référence à un territoire et à un peuple déterminés, sinon pour spécifier les conditions de milieu physique (climat, notamment) et social (coutumes matrimoniales, p. ex.) qui influent sur le processus biologique de reproduction de l’espèce. On la définit en effet comme le plus petit groupement d’êtres humains qui soit compatible avec la survie du groupe, c’est-à-dire qui ne risque pas de disparaître par suite des modifications aléatoires de structure qui compromettent l’équilibre des populations numériquement trop faibles.


La locution pression démographique évoque l’idée d’un rapport entre l’effectif de la population et les ressources dont elle dispose : dire que cette pression est forte ou faible sur un certain territoire, revient à exprimer l’opinion que la population de ce territoire est proche ou éloignée du maximum compatible avec les ressources qui sont effectivement à sa disposition. Selon la théorie malthusienne de la population, dénommée ainsi du nom de Malthus, son auteur, la population ferait sans cesse pression sur les moyens de subsistance, c’est-à-dire qu’elle tendrait constamment à croître jusqu’au maximum compatible avec les ressources vivrières dont elle dispose (Noter que l’expression niveau des subsistances se réfère, en français, à un niveau de population, comparable à la notion de population maximale, alors que l’expression anglaise “subsistence level” se réfère à un niveau de vie). Toute modification du volume global de ces ressources entraînerait par suite un déplacement de l’équilibre démographique particulier ainsi défini, lequel correspond à un niveau de vie voisin du minimum physiologique. La préservation de l’équilibre démographique suppose d’éviter tout excédent de population. Ceci s’opère par le jeu d’obstacles à la croissance de la population. Malthus classait ces obstacles en deux catégories : d’une part les obstacles répressifs, agissant par voie de destruction — en augmentant la mortalité —, et volontiers dénommés de nos jours obstacles malthusiens, constitués essentiellement par les famines, les épidémies et les guerres ; d’autre part les obstacles préventifs, susceptibles de freiner la croissance naturelle de la population en diminuant la natalité, le seul obstacle préventif que Malthus considérât d’ailleurs comme admissible, étant constitué par la contrainte morale que les individus s’imposeraient eux-mêmes, en associant la prolongation du célibat à la continence.


L’optimum de population peut aussi être défini comme un modèle théorique visant à déterminer l′effectif démographique le plus souhaitable en fonction d'objectifs donnés. Interviendrait alors le revenu moyen, laissant ainsi entendre que ce n'est pas la plus grande quantité, mais la meilleure quantité de population totale pour atteindre le revenu moyen le plus élevé par tête d'habitant. L′optimum de la population qui, d′après certains, doit être le but d′une politique démographique: la population ne doit être ni trop dense, ni trop clairsemée (Baudhuin, 1968).

L’optimum de population ne se définit pas seulement par rapport au revenu. Plusieurs objectifs peuvent être pris en compte tels que : développement durable, démocratie efficiente, préservation des libertés individuelles et de la biodiversité qui sont des objectifs visant à maintenir un bas niveau de population, alors que les objectifs de préserver et renforcer la diversité culturelle, de stimuler la créativité intellectuelle, artistique et technologique ainsi que faciliter les infrastructures sociales tendent plus à avoir une population plus importante. En gros donc, les objectifs liés à l’optimum de population incluent un environnement écologique soutenable, un certain niveau économique souhaité, et des objectifs philosophiques et éthiques.

Certains n’apprécient pas ce concept, estimant que la population humaine à long terme finit par s’adapter aux exigences d’un effectif plus grand. Par ailleurs, on pense que le niveau de l’optimum de population doit se situer entre le minimum de population viable de l’espèce humaine et le maximum supportable par la planète terre.


Un avis de Léon Buquet en 1956 sur l′optimum de population


Léon Buquet : L’optimum de population. P.U.F., 1956, 308 p.

La question de « l’optimum de population » a déjà suscité beaucoup de publications, de discussions, et de critiques. Peut-on fixer la notion de surpeuplement d’un territoire ? Peut-on apprécier quelle est la densité optimum pour une région, un pays, un type d’organisation économique ? Le livre de M. Buquet présente un certain nombre de points de vue sur cette question. Il commence par un exposé du développement de la théorie de l’optimum de population ; il définit ensuite cette notion par rapport à la productivité du travail, au revenu individuel et au standard de vie. Il examine de quelle manière on peut évaluer cet optimum en fonction de l’activité économique du pays considéré et les fluctuations que la notion peut subir du fait des changements internes de l’économie (technique et économique) et des influences externes (rapports internationaux). Existe-t-il un critère du sous- peuplement et du surpeuplement ? Dans le chapitre IV, L. Buquet essaie de définir exactement le problème de l’influence de la densité de population sur le revenu par tête. Il est amené à envisager théoriquement plusieurs hypothèses d’organisations économiques et passe ensuite à l’étude des conséquences économiques du mouvement de la population (structure par âge, population stationnaire, population régressive, population croissante). Un pareil livre mériterait d’innombrables commentaires. L’auteur a fait un remarquable effort d’exposé théorique et beaucoup de ses remarques emportent l’adhésion. On relèvera même des conclusions extrêmement intéressantes en fonction d’un certain nombre de problèmes qui se posent dans la réorganisation économique du monde actuel : « il ne faut pas confondre l’accroissement de la production que provoque, du fait de son emploi, un certain progrès et les possibilités d’accroissement de la productivité qu’il laisse à une éventuelle élévation de la densité » (p. 219). On retiendra également sa conclusion quant à l’importance des investissements nécessaires ; à l’occupation de nouveaux venus dans le monde du travail : « dans les pays sous-développés... le coût de l’investissement démographique est probablement plus élevé encore en raison de la faible productivité de la main-d’œuvre et aussi parce qu’il est nécessaire d’y développer l’infrastructure économique...» (p. 240) Dans les lignes précédentes, l’auteur avait montré qu’aux États-Unis la constitution du capital suscité par l’existence d’un ouvrier supplémentaire devrait occuper 2 à 3 ouvriers pendant un an, en Europe probablement 5. On est cependant gêné, en lisant bien des pages de ce livre, par l’impression d’une vue trop théorique des problèmes, d’un manque de contact avec les données matérielles précises. Certaines allusions rapides comme celle de la page 200 au fait que la seule « fertilité des terres » interviendrait pour différencier la notion de surpopulation absolue pour des régions aussi dissemblables que la Bulgarie et le delta du Tonkin ne peuvent manquer de surprendre. De même, page 278, la critique rapide lancée à l’industrialisation considérée comme remède à certain surpeuplement dans les pays de l’Europe de l’Est, paraît assez légèrement fondée. Nous sommes bien d’accord avec M. Buquet quand il déclare que ce qui importe n’est pas tant d’occuper les bras que de nourrir les nouvelles bouches, mais il paraît difficile d’admettre que c’est en entassant davantage de ruraux sur une terre qu’on arrive à accroître sensiblement les possibilités alimentaires d’un pays ! Du reste, reconnaissons que ce n’est pas du tout la théorie générale de Léon Buquet au travers des pages précédentes de son ouvrage. Il est dommage qu’un livre intéressant par l’exposé des doctrines économiques, laisse à désirer par certains détails. J. B.-G


Une autre analyse de l’optimum de population peut être lue dans le lien suivant en Anglais An Optimum Human Population Size , ou directement sur Une autre analyse par Gretchen et ali.
La consultation des documents suivants peuvent aussi s'avérer d’un certain intérêt. Il s’agit de :

Les grandes évolutions de la population mondiale. Ce document montre l’impact de la rapide croissance de la population mondiale sur les terres agricoles afin d’attirer l’attention des décideurs en ce qui concerne l’impact de cette croissance sur le secteur agricole!

Progrès technique, destructions de guerre et optimum de population; In: Population, 1e année, n째1, 1946 pp. 35-52.

Optimum population, welfare economics, and inequality; By A B Atkinson; Oxford Martin School seminar paper revised January 2012



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