Population et Développement en Afrique : Indicateurs essentiels (Comprendre les évolutions en cours)
Logo PODEV-IN Bienvenue sur PODEV-IN

La révolution des données : l′Afrique doit s′en saisir pour accélérer son développement socioéconomique !






Réflexions sur les ODD en cours


Pour accéder aux ODD retenus en définitive, allez au lien suivant : en Français, en Anglais.

Nous sommes en plein dans la mise en œuvre des ODD. Chemin faisant, on se pose toujours des questions sur ces objectifs, cibles et indicateurs, notamment en ce qui concerne les données fiables, les pays et les périodes. Par ailleurs, il s’agit bien d’indicateurs de développement, pour l’essentiel, et par conséquent ils devraient figurer explicitement dans les programmes de développement, quelque soit la forme de ces derniers. C’est donc chaque pays qui doit s’interroger sur la façon de s’approprier cette préoccupation commune, le moment de l’intégrer dans ses plans (programme général et plan d’action). C’est le lieu aussi de ne pas trop embrasser et de fixer dans le cadre global proposé aux 193 pays membres des NU ses propres cibles/indicateurs en fonction de ses potentialités, de ses points de départ, de ses priorités internes, etc. Ceci est-il entrain d’être fait dans les différents pays africains ? Cela reste à vérifier.

Deux articles de Casey Dunning et Jared Kalow du CGD intitulés “ What SDGs Can We Track Now? et “SDG Indicators: Serious Gaps Abound in Data Availability analysent les données disponibles pour les 230 indicateurs (approuvés il y a quelques mois) à partir des bases de données existantes sur 193 pays et sur la période 2000-2015 . Les conclusions sont très pessimistes et cela se comprend, notamment en ce qui concerne les pays pauvres dont ceux d’Afrique. En somme, ce n’est pas cela qui peut pousser au désespoir, mais plutôt la façon dont ces pays s’y prennent pour que ce défi soit à leur portée, en montrant à tout le moins leur intérêt réel à contribuer, mieux qu’au cours des OMD, à l’atteinte des objectifs fixés.

Ainsi donc, après la dernière approbation, nous regardons l’horizon 2030 avec dans le panier 17 objectifs dits de développement durable, 165 cibles et 240 indicateurs. (attention aux chiffres variables des cibles et des indicateurs : ils sont mis à jour régulièrement. En effet, malgré la longue période de préparation de l’agenda post 2015 et le nombre impressionnant de réunions d’experts, tous ces éléments n’ont pas été bouclés définitivement avant le début des ODD. C’est aussi la preuve que le challenge est grand et ne peut être pris à la légère).

Par comparaison, la base de données WDI de la Banque Mondiale liste actuellement quelques 1410 indicateurs pour 263 pays/régions, mais que de valeurs manquantes surtout pour les pays africains, et un grand nombre issu d’estimations et non de mesures réelles sur le terrain ! C’est donc évident que l’on ne doit pas essentiellement compter sur les grandes bases de données internationales pour le suivi/évaluation des ODD.

Dans le cadre de l’agenda post 2015, le développement durable n’est pas à proprement parler un concept nouveau, puisqu’il est expérimenté dans plusieurs pays depuis quelque temps. A titre d’exemple, un Atelier de réflexion et d’échanges sur les indicateurs de développement durable s’est tenu en juin 2006 à l’Université Laval à Québec (Indicateurs du développement durable, 2006, Université Laval et Les IDD en France, IFEN (1996-2003) , ce dernier mettant l’accent sur les données). Les Suggestions pour les intervenants suivantes sont intéressantes à considérer :

1- À partir de vos expériences ou des exemples de cas que vous avez connus, dites quelles ont été les principales difficultés éprouvées :

- lors du choix de votre système d’indicateurs de développement durable ;

- concernant la responsabilité de concevoir et de gérer le système ;

- concernant la consultation et la participation des différents groupes (fonctionnaires, décideurs, grand public, etc.) ;

- lors du choix des indicateurs (critères, nombre, etc.) ;

- concernant la collecte et l’approbation des indicateurs ;

- concernant la diffusion et l’interprétation de la mesure des indicateurs.

2- Quelles solutions ont été adoptées pour faire face à ces problèmes ?

3- Comment tenez-vous compte de la transversalité des indicateurs ?

4- Quelles méthodes de diffusion des indicateurs privilégiez-vous ? À quelle fréquence ?

5- Comment conciliez-vous les différents types d’indicateurs de développement durable ?

6- Quelles ont été les occasions de progrès rencontrées ?

7- Quels sont vos principaux défis en matière d’indicateurs de développement durable ?

8- Quelles sont vos prochaines étapes ou vos projets de développement en matière d’indicateurs de développement durable ?

9- Dans quelle direction devrait-on orienter les activités de recherche sur les indicateurs de développement durable ?

 

Il est apparu des obstacles en matière de mise en œuvre, d’utilisation et de médiatisation des indicateurs, obstacles liés à un problème de fiabilité des données (manque de données, diversité des sources, etc.), au nombre élevé d’indicateurs (effet de saturation), au manque de hiérarchisation pour la prise de décision, à un phénomène de rejet de la part des utilisateurs ainsi qu’à des problèmes d’engagement politique.

 

Un certain nombre de solutions ont alors été suggérées concernant :

- l’amélioration de la fiabilité des données ;

- la responsabilité au sein d’un seul organisme ;

- la facilité d’utilisation des indicateurs pour l’aide à la décision (identification d’indicateurs phares) ;

- l’engagement politique par le biais d’une commission parlementaire.

 

Quelques questions approfondies lors des travaux en groupes sont :

1- Sur quelles bases peut-on conclure qu’un indicateur ou un système d’indicateurs a rempli son mandat ou joué son rôle ?

2- Comment détermine-t-on les besoins en indicateurs ?

3- Comment articuler les différentes échelles (temporelles, territoriales, etc.) ?

4- Qu’est-ce qu’un mauvais indicateur ?

5- Quels acteurs devrait-on engager dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’interprétation des indicateurs ? Qui engager pour que les indicateurs eux-mêmes soient durables ?

6- Comment gérer la tension entre les aspects, ou fonctions, politiques et scientifiques des indicateurs ?

7- Question transversale : Quelles devraient être les priorités de recherche ? Que voudrions-nous savoir ?

 

Ces réflexions et bien d’autres que l’on trouve sur les sites des Agences onusiennes sont d’actualité pour les pays africains qui doivent rapidement rendre opérationnelle la mise en marche de leurs ODD, avec la plus grande lucidité/responsabilité.


La question du base-line (état des indicateurs au lancement du programme)

Objectifs, cibles et indicateurs étant proprement définis en ce qui concerne les ODD dans un pays, on doit être suffisamment fixé sur leur état et leurs composantes au moment où démarre le programme. Ce point de départ est essentiel pour le suivi-évaluation, car il faut régulièrement mesurer le chemin parcouru, en tenant compte aussi bien des indicateurs de processus que des indicateurs de résultats. Il est aussi tout indiqué d’interroger les leçons du passé en la matière : que sont devenus les réformes qui ont été à la base des OMD, notamment l’expérience des cadres logiques de programmation avec des IOV, GBR, etc. La mise en œuvre de ces leçons aurait permis pour chaque pays de mieux cataloguer les indicateurs pour lesquels les moyens de vérification existent, afin d’éviter toute navigation à vue ! Chaque pays doit tenir son tableau bord, d’autant plus qu’il est bien stipulé que réduire par exemple une valeur de x % se fait par rapport aux données nationales.


Au moment où le premier rapport sur les ODD sort (The Sustainable Development Goals Report 2016), combien de pays africains sont en cours de préparation pour le leur ? Il faudrait commencer par montrer comment ces ODD s’intègrent désormais dans le processus du développement national.

Ce rapport sort avec comme espaces d’analyse les grandes régions que sont : “Régions en développement, Afrique du Nord, Afrique Sub-saharienne, Amérique Latine et les Caraïbes, Asie de l’Est, Asie du Sud, Sud-Est Asiatique, Asie de l’Ouest, Océanie, Caucase et Asie Centrale, Régions” (Annexe du premier rapport sur les ODDs du Secrétaire général).


En mars 2016, le Secrétaire général adjoint de l′ONU aux affaires économiques et sociales, Wu Hongbo, affirme ceci : « Les indicateurs de mesure des ODD nécessiteront de produire et d’analyser une quantité de données sans précédent – et il est évident que cela représente un grand défi pour les systèmes nationaux de statistique, dans les pays en développement comme dans les pays développés » (Observations de ICTSD).

Il y a nécessité de prendre en considération plusieurs autres remarques et analyses parmi lesquelles :

Qui finance la mise en œuvre des objectifs ?

La responsabilité principale de la mise en œuvre du nouvel agenda est du ressort des États. La mobilisation et l’utilisation efficace des ressources nationales jouent à cet égard un rôle prépondérant. Il est important aussi que le secteur privé contribue davantage au développement durable. Il incombe aux États de créer les conditions adéquates pour inciter les entreprises privées à investir dans le développement durable et à respecter les critères de durabilité. Les pays pauvres continuent à bénéficier d’un soutien pour la mise en œuvre des objectifs, au titre de la coopération internationale au développement.


Qui vérifie la mise en œuvre ?

Les États sont tous invités à informer de manière transparente leurs citoyens et leurs parlements sur les étapes de la mise en œuvre. De plus, l’ONU définit des indicateurs mondiaux destinés à vérifier si la communauté internationale progresse dans la bonne direction. L’idée est d’organiser une conférence mondiale à intervalles réguliers, qui permettra aux chefs d’État et de gouvernement de discuter de la mise en œuvre et de résoudre les problèmes qui subsistent.


Vues donc la responsabilité des États pour la réalisation des ODD, il est impératif que l’Afrique prenne le bon départ qui convient, par la mise en œuvre clair, pertinente et de façon lisible pour tous le plan d’action autour duquel tous les partenaires doivent s’atteler. En effet, qui irait présenter un plaidoyer sur un programme comportant plus de 200 indicateurs, plus de 150 cibles et 17 objectifs que même les pays dits développés ne sont pas à même de mener avec aisance ? Et pourtant, l’un des mots d’ordre des ODD est que personnes ne doit être laissée pour compte !

Pour télécharger la liste des ODD (17), cibles (165) et indicateurs (240), allez aux liens suivants : en Français, en Anglais .


Quelques sites d’information sur les indicateurs des ODD :

http://undocs.org/A/68/970

Plateforme sur les ODD

The Sustainable Development Goal Indicators website 

The High-Level Political Forum 2016 

Autre site sur les indicateurs des ODD

Indicateurs et agenda

Dernière mise à jour des Indicateurs (240), cibles (265) et ODD (17) en Français

Dernière mise à jour des Indicateurs (240), cibles (265) et ODD (17) en Anglais

Documents de travail sur les ODD

Documents de travail sur le post 2015

Document UNSTATS sur les ODDs en Anglais

Document UNSTATS sur les ODDs en français

Pour d′autres pages sur la question des données, lire ce qui suit Page 1 et Page 2.