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La révolution des données : l′Afrique doit s′en saisir pour accélérer son développement socioéconomique !





Mortalité en Afrique

Concepts et définitions

Selon le dictionnaire multilingue des Nations Unies, l′étude de la mortalité a pour but de mesurer l′action de la mort sur les populations. D′où la nécessité de confronter, au bout d′un laps de temps donné, le nombre de décès au volume de la population concernée. Entrent en ligne de compte les paramètres divers tels que l′âge et le sexe. Enquêtes et recensements sont les seules vraies sources de données de mortalité en Afrique. L′état civil, s′il est bien tenu, permet également une bonne mesure de la mortalité. On a cependant rarement affaire à une étude longitudinale, même dans les conditions de bonnes statistiques d′état civil. En effet, les données longitudinales ici décrivent une époque complètement révolue (une génération éteinte dans le cas de la mortalité par exemple) et dont les conditions de vie n′ont pratiquement plus rien à voir avec la période actuelle à partir de laquelle on doit tirer les éléments prospectifs et perspectifs.

Le diagramme de Lexis est très indiqué pour illustrer l′analyse de la mortalité. Dans l′analyse longitudinale, avec la série des survivants aux anniversaires, on construit la table de mortalité complète. En somme, la table de mortalité d′une génération est un modèle descriptif de l′extinction de cette génération au fur et à mesure que l′âge s′élève (en supposant la population non soumise à la migration). De façon plus pratique, on préfère souvent la table abrégée de mortalité. Ici, l′amplitude d′âge n′est pas 1 comme dans la table complète (l′amplitude 5 est souvent rencontrée, avec à l′âge 0 et au dernier groupe d′âges qui est de la forme 80 ans ou plus...).

L′analyse transversale fait appel à davantage de procédures démographiques. Du taux brut de mortalité (TBM) établi à partir des décès annuels et de la population moyenne de la période d′observation, on introduit la notion du taux comparatif de mortalité (le TBM s′avérant inadapté pour comparer la mortalité de deux pays), puis en faisant intervenir le facteur âge on contruit la table de mortalité du moment (en se servant du principe de la cohorte fictive et en spécifiant la relation entre taux et quotient de mortalité). En fin, le concept de population stanionnaire associée est très utile pour les études perspectives en particulier. On appelle population stationnaire associée à une table de mortalité une population fictive dont l′effectif annuel de naissances N est constant, et dont la table de mortalité est invariable dans le temps.

Dans l′étude de la mortalité, il faut bien se pencher sur la mortalité intra-utérine (qui est souvent méconnue malgré son importance) ainsi que la mortalité infantile (notamment leurs causes endogènes et exogènes). En matière de politique de santé, on se préoccupe beaucoup de la mortalité infantile qui peut être réduite par des moyens simples dont une bonne hygiène alimentaire et d′environnement. Un fort taux de mortalité infantile (voire juvénile) est indicatif des pauvres conditions de vie contre lesquelles on peut agir avec une bonne politique de développement en général...

Pour mieux asseoir une politique adaptée de santé, les statistiques de morbidité sont nécessaires. De façon simpliste, la morbidité désigne l′ensemble des maladies et des fléaux au sein d′une population. On parle alors de statistiques sanitaires ou de morbidité. Comme la distinction entre la santé et la maladie n′est pas toujours nette, il n′est pas souvent facile de déterminer le nombre de cas de maladie avec précision.


Encore et toujours des ajustements

Les séries de modèles d’ajustement de la mortalité existantes sont issues de données très imparfaites et insuffisantes notamment en ce qui concerne le Tiers Monde. Depuis les années 1980, les pays africains ont conduits malgré les contextes socioéconomiques difficiles un certains nombre de recensements avec l’appui des Nations Unies, le calendrier décennal n’étant pas souvent respecté. On se serait attendu à ce qu’aujourd’hui il soit aisé de partir de ces recensements pour disposer : i) d’une table de mortalité suffisamment fiable émanant des données de terrain, ii) d’assez de données adaptées pour revisiter les modèles existants et fournir des types-types qui correspondent mieux aux réalités africaines. Mais telles que la qualité des données sur la mortalité issues des recensements laissent à désirer, il semble bien qu’il soit encore nécessaire d’attendre que cette qualité s’améliore pour lancer une telle opération.

 

L’extrait suivant qui est la préface aux tables types des Nations Unies en dit un peu long sur la question.

DÉPARTEMENT DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES INTERNATIONALES,

Études démographiques, no 77, ST/ESA/SER.A/77

TABLES TYPES DE MORTALITÉ POUR ILES PAYS EN DÉVELOPPEMENT

 

Dans l'étude qui suit, effectuée par la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales internationales du Secrétariat des Nations Unies, sont présentées de nouvelles tables types de mortalité pour les pays en développement. Le travail de pionnier dans la construction de tables types de mortalité fut effectué par l'organisation des Nations Unies il y a un quart de siècle et conduisit à la publication des Schémas de variation de la mortalité selon l'âge et le sexe : tables types de mortalité pour les pays sous-développés (Publication des Nations Unies, numéro de vente : 55.XIII.9). Environ 10 ans plus tard, en 1966, Ansley Coale et Paul Demeny publièrent, à Princeton University, une nouvelle série de tables types de mortalité (2 A. J. et p. Demeny, Regional Mode[ Life Tables and Stable Populations (Princeton, N. J., Princeton University Press, 1966)) qui se fondaient surtout sur l'expérience rétrospective de l'Europe et qui sont aujourd'hui l'ensemble de tables types de mortalité le plus communément employé par la communauté démographique. Mais il ressort d'observations récentes qu'il existe entre les schémas de variation de la mortalité selon l'âge dans de nombreux pays en développement et ceux qui se dégagent de l'expérience rétrospective de l'Europe des différences systématiques telles que les tables de Coale et Demeny sont imparfaitement adaptées à la recherche démographique dans les pays en développement.

La présente étude fournit de nouvelles séries de schémas de mortalité selon l'âge et le sexe, qui sont fondés sur des données solidement documentées recueillies dans des pays en développement et se prêtent donc mieux à l'analyse démographique dans les régions en développement ('En 1979, un rapport exposant les grandes lignes des principes qui sont à la base des nouvelles tables types de mortalité ainsi qu'un plan de travail concernant leur élaboration avaient été publiés. Voir Model Life Tables for Developing Countries: an interim report, rapport établi par la Publication des Nations Unies, numéro de vente : 55.XIII.9. Division de la population du Département des affaires économiques et sociales internationales du Secrétariat des Nations Unies, Janvier 1979 Populations (Princeton, N. J., Princeton University Press, 1966). (ESAIPIWP.63)). D'autres publications sont actuellement en préparation à la Division de la population dans le cadre du projet de tables types de mortalité, et notamment des études sur les populations stables, des tables de mortalité estimatives complètes et des programmes d'informatique visant à faciliter l'emploi de ces tables. La rédaction tient à remercier M. Hervé Le Bras, de l'Institut national d'études démographiques, consultant auprès de la Division de la population pour les questions de méthode, et l'organisation de coopération et de développement économiques qui a bien voulu fournir une vaste collection de données sur la mortalité et la population où il a été abondamment puisé pour l'exécution de ce projet. La rédaction désire également remercier le Fonds des Nations Unies pour les activités en matière de population, dont le don a permis la publication du présent ouvrage.




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