Population et Développement en Afrique : Indicateurs essentiels (Comprendre les évolutions en cours)
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La révolution des données : l′Afrique doit s′en saisir pour accélérer son développement socioéconomique !





La migration en Afrique

Un aperçu global de la question

La migration devient chaque jour un phénomène plus complexe avec des motivations multiples, des changements fréquents de destination, des désirs de retourner au pays d’origine… Aussi, il devient de plus en plus difficile de faire la distinction entre refugiés, exilés, migrants forcés ou économiques dans la mesure où une même personne finit par prendre plusieurs de ces statuts dans le temps, souvent au gré de la recherche de ses intérêts. Les nouveaux espaces économiques (Chine, Corée du Sud, etc.), la rareté des emplois et le durcissement des conditions de travail des étrangers sont quelques facteurs qui conditionnent les changements de destination. Il se profile derrière ce phénomène une idée d’irrégularité en vue d’échapper aux persécutions, rechercher de meilleures perspectives économiques, voire mieux s’intégrer dans le pays d’accueil en procédant au regroupement familial sans passer par les procédures légales. La migration circulaire ou temporaire dans laquelle les gens vont et viennent entre plusieurs pays se développe davantage, mais il faudrait craindre pour l’Afrique l’expansion de la fuite des cerveaux au moment où ce continent a besoin de compétences pour soutenir sa croissance économique et échapper au cercle vicieux de la pauvreté.

La majorité des refugiés et exilés vivent dans les pays en développement, notamment en Afrique où l’agence des Nations Unies UNHCR a fort à faire pour subvenir à leurs besoins. La xénophobie contre les étrangers de façon générale n’est pas plus occidentale qu’africaine et maltraitance, voire crime contre les étrangers sont des faits avérés dans de nombreux pays où on fait retomber sur les migrants en général la cause des maux tels que chômage, criminalité, pression sur les services publics... La situation devient plus complexe avec l’entrée plus forte en scène des groupes criminels qui brillent par des activités terroristes ignorant les frontiéres nationales. Ainsi, la migration s’invite naturellement dans la politique sécuritaire des états, phénomène nouveau auquel des stratégies idoines sont encore à rechercher et expérimenter tant au plan national que régional, voire continental. Cliquez sur le lien suivant pour accéder à un des sites qui traitent des cas pratiques de la migration.

Dans un article publié le 13 April 2015 par IRIN, l’auteur prévoit que les initiatives de l’Union Européenne pour réduire la migration irrégulière pourraient se solder par un accroissement du phénomène. Lire l’article en Anglais!
Une des difficultés pour l’étude de la migration est le caractère conjoncturel de certains cas. Ainsi, toujours dans IRIN, on rapporte une situation catastrophique au Nord Cameroun suite à la vague migratoire nigériane fuyant les exactions de Boko Haram. Ceci donne l’impression que rien n’a été fait pour ces réfugiés. Ce qui est faux, puisque les autorités (tant nationales qu’internationales dont le HCR en particulier) s’activent au fur et à mesure que le problème se pose, un certain temps étant nécessaire pour mobiliser et déployer sur le terrain le nécessaire (dans le camp, en un mois la population est passée de 6000 à 15000 personnes). Lire l’article entier dans Conditions de vie difficiles pour les réfugiés nigérians au Cameroun. Un exemple montrant la complexité d'un tel problème est relaté toujours au Cameroun par le "service du Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies" ; nous le recopions ici pour illustration :

Le Cameroun confronté à un afflux important de réfugiés centrafricains

YAOUNDÉ/GAROUA-BOULAÏ, 16 mars 2014 (IRIN) - Jusqu’à 130 000 personnes ont fui la République centrafricaine (RCA) pour se réfugier au Cameroun. Selon les responsables locaux et les travailleurs humanitaires, qui peinent à faire face à cet afflux important, nombre d’entre elles ont été blessées lors d’attaques, sont déshydratées ou traumatisées.

En février, en l’intervalle de deux semaines seulement, plus de 20 000 réfugiés de RCA sont entrés au Cameroun. Au total, un résident centrafricain sur cinq est déplacé, soit à l’intérieur de son propre pays soit dans les pays voisins.

Rares sont les organisations d’aide humanitaire présentes sur le terrain pour répondre aux besoins des déplacés. De nombreux arrivants n’ont d’ailleurs pas reçu de kit d’abri, de fournitures, de denrées alimentaires ou autre type d’aide.

Selon Yann Lelevrier, représentant opérationnel pour l’Afrique de l’Ouest auprès de Médecins sans Frontières (MSF), le problème est dû au manque de préparation des organisations d’aide humanitaire au Cameroun et au retard – et à la lenteur – de la réponse sur le terrain. « Le HCR, [l’agence des Nations Unies] qui devrait s’en charger, a mis du temps à mobiliser ses ressources et à coordonner la réponse. De toute façon, il y a aussi un manque de partenaires de mise en œuvre », a-t-il dit à IRIN. MSF a donc été forcée de s’occuper de davantage d’activités que ce à quoi elle s’attendait et de répondre en partie aux besoins des personnes déplacées de deux camps et de quelques établissements situés aux alentours.

On estime à environ 30 000 le nombre de réfugiés et de rapatriés qui ont fui vers la région de l’Est. Là-bas, ils se sont installés dans les villes frontalières de Garoua-Boulaï, de Kenzou et de Yokadouma, vivant dans des conditions sordides, dormant sous les arbres, des camions ou des tentes – certaines fournies par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), d’autres fabriquées par les réfugiés. Certains d’entre eux ont été accueillis par des locaux, des proches ou des inconnus.

« Garoua-Boulaï est surpeuplé par les différents groupes de réfugiés, et le contrôle de la situation est en train de nous échapper », a dit la mairesse de la ville Esther Yaffo Ndoe. « Le HCR, la Croix-Rouge et MSF sont incapables de répondre aux besoins de tous les réfugiés, et le seul hôpital gouvernemental est submergé par le nombre élevé de patients », a-t-elle dit à IRIN.

Presque tous les déplacés – 90 pour cent, selon les estimations du HCR – sont des musulmans fuyant les attaques menées par les anti-balaka, qui continuent de terroriser les communautés musulmanes de la RCA. Les anti-balaka, un terme que l’on peut traduire par « à l’épreuve des machettes », sont des milices formées pour s’opposer aux combattants de l’ex-Séléka, l’alliance largement composée de musulmans qui a brièvement pris le pouvoir mars 2013. 

Le HCR et la Croix-Rouge camerounaise (CRC) enregistrent actuellement des réfugiés pour organiser leur transfert vers le camp de Mborguéne, à 50 km de Garoua-Boulaï, mais le site est plus ou moins dépourvu de services essentiels. Il y a seulement deux puits et une école qui n’est pas fonctionnelle. La clinique la plus proche est située à 27 km du camp. Il faudra beaucoup de travail pour bâtir un camp à partir de rien.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a commencé à distribuer des vivres à 27 000 réfugiés vivant dans les camps qui ont été créés à Mborguéne et à Lolo. L’organisation apporte également son soutien à des cliniques de santé gouvernementales pour le traitement des enfants malnutris. La porte-parole du PAM, Fabienne Pompey, a reconnu que des efforts supplémentaires étaient nécessaires, en particulier pour venir en aide aux réfugiés qui ne vivent pas dans les camps. Elle a ajouté que le PAM avait l’intention d’améliorer sa réponse afin de fournir des vivres à 70 000 réfugiés entre juin et décembre 2014.

À Garoua-Boulaï, les hommes et les femmes racontent tous des histoires semblables de parents tués par les milices anti-balaka. John Irwin, chef de mission pour MSF au Cameroun, a dit : « Leurs vies ont été totalement transformées ou détruites par ce qui se passe en RCA, et ils sont traumatisés. »

Sali Abubakar, un homme de 35 ans originaire du village de Yaluka, en RCA, est arrivé à Garoua-Boulaï le 19 février à bord d’un camion porte-conteneurs. « Mon fils Shadu et mon frère ont été tués par des anti-balaka à Yaluka. Je me suis enfui avec mes deux femmes et mes 10 enfants », a-t-il dit à IRIN.

« J’ai perdu mon père, tous mes biens et mon commerce quand les anti-balaka sont venus. Ils ont battu les gens et pillé toutes les maisons. Et sur la route, alors que nous fuyions, nous avons été arrêtés par d’autres hommes qui ont pris ce qui nous restait d’argent », a dit à IRIN Shaibu, un autre père de 10 enfants de 35 ans.

« Mon mari est mort en tentant d’empêcher les anti-balaka de nous chasser de notre maison. Deux hommes l’ont poignardé à la poitrine et je me suis enfuie avec mes enfants », a dit à IRIN Fadimatu, une jeune femme de 23 ans.

La petite-fille de Hawa, 70 ans, a été violée par deux hommes dans le village de Barou. Elle est plongée dans un état d’apathie depuis. « Nous sommes arrivées ici il y a une semaine, mais elle n’a fait que dormir depuis », a dit Hawa à IRIN, en pleurant.

Mamadu Abu, 13 ans, a dit à IRIN : « Je suis arrivée ici avec papa, maman et mes sœurs. Nous dormons dans la tente qu’a fabriquée papa. » Mamadu raconte qu’elle va quêter de la nourriture au village lorsqu’elle a faim et ramène ce qu’elle peut à ses parents et ses sœurs.

Le HCR et la CRC distribuent des vivres aux familles, mais, selon les réfugiés, il n’y en a pas suffisamment pour tout le monde.

« Nous n’avons pas suffisamment à manger et nous n’avons pas d’argent. On nous a donné des tentes, mais il n’y en a pas assez pour tout le monde », a dit Shaibu à IRIN.

Besoins en matière de santé

Muhamadu Hasim, directeur de l’hôpital de district de Garoua-Boulaï, qui a accueilli plus de 150 réfugiés par jour depuis janvier, a dit à IRIN que nombre d’entre eux étaient arrivés avec des blessures subies lors d’affrontements avec les anti-balaka. La plupart sont épuisés. « Nombreux sont ceux qui ne mangent pas bien, qui manquent de sommeil et qui ont besoin de repos », a-t-il dit à IRIN.

« Nous avons eu des cas de malnutrition, de problèmes respiratoires, de diarrhées, de problèmes gastro-intestinaux, de vomissements et de paludisme. J’ai traité des patients souffrant de blessures par balle ou par machette et des femmes ayant des grossesses difficiles », a dit M. Hasim à IRIN.

Il faut aussi faire preuve de vigilance en ce qui concerne le choléra et la méningite, a dit Dereje Terefe, d’International Medical Corps. « Les réfugiés et les locaux vivent actuellement dans un environnement sec, poussiéreux, avec une forte densité de population et dans des conditions climatiques difficiles », a-t-il dit, ajoutant que le Cameroun et la RCA se trouvent tous deux dans la ceinture africaine de la méningite.

MSF apporte son soutien au district de santé local en mettant sur pied des cliniques mobiles pour offrir une aide médicale d’urgence dans les villes et les villages situés le long de la frontière. Le personnel de ces cliniques traite environ 70 personnes par jour.

L’hôpital de district emploie seulement sept infirmières et M. Hasim est le seul médecin présent sur place.

« Nous avons une capacité très limitée pour répondre aux problèmes de santé croissants de cette communauté… En février seulement, nous avons accueilli 3 600 patients. Les organisations d’aide humanitaire nous aident, mais elles n’arrivent jamais au bon moment et leurs structures ne sont que temporaires », a dit M. Hasim.


Situation sécuritaire


Des soldats des forces françaises et de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), dirigée par l’Afrique, sont stationnés à la frontière avec le Cameroun pour aider à prévenir les attaques des milices, y compris celles ciblant les groupes qui tentent de fuir.

Elles ont également sécurisé la route reliant Bangui, la capitale de la RCA, au Cameroun. Selon certains, cela risque d’encourager la multiplication des mouvements de réfugiés dans les semaines à venir.

« La situation sécuritaire s’améliore, mais il est toujours dangereux de se déplacer dans le pays », a dit un lieutenant des forces françaises en RCA.

Certains groupes déplacés au Cameroun se sont plaints que les soldats déployés n’en faisaient pas assez pour les protéger ou pour sévir contre les anti-balaka.

« Les soldats de la MISCA voient les anti-balaka arrêter les véhicules et malmener les gens et ils ne font rien pour les en empêcher. Notre véhicule était escorté par la MISCA et par des soldats blancs, mais il a quand même été arrêté et on nous a pris notre argent », a dit un réfugié à Garoua-Boulaï.

Les responsables de la sécurité camerounais s’inquiètent de l’afflux incontrôlé de réfugiés en provenance de la RCA. Ngotta Koeke, commandant de la 123e compagnie d’infanterie mobile du Cameroun à Garoua-Boulaï, a dit que l’identification et l’enregistrement des réfugiés pour leur transfert au HCR « demeuraient un défi important pour les autorités ».

« Nous fouillons tous les camions et tous les individus qui traversent la frontière pour nous assurer que des armes à feu ne sont pas introduites au Cameroun. Mais cela n’est pas facile, car la limite entre le Cameroun et la RCA n’est pas très claire », a-t-il dit à IRIN.

Parmi ceux qui se sont réfugiés au Cameroun, nombreux sont ceux qui appartiennent au peuple autochtone Mbororo et qui sont originaires des communautés de Bochambele, Bouar, Baoru et Yaloka, dans l’ouest et le nord de la RCA. Ils ont été ciblés par les attaques en raison du bétail et des richesses qu’ils possèdent.

« Nous nous sentons plus en sécurité au Cameroun, même si nous sommes arrivés les mains vides », a dit à IRIN Shaibu, un Mbororo.

mk/aj/rz-xq/amz    Lire l’article en Anglais !

Si Boko Haram est vaincu et le Nord Nigérian de nouveau en sécurité sous contrôle gouvernemental, ou si une paix véritable s’installe en RCA, il est évident que la majorité des réfugiés vont retourner chez eux !


Migration en Afrique : un sujet d’intérêt mondial

La migration est un sujet à facettes diverses intéressant aussi bien les gouvernements africains que la communauté internationale. ”International Centre for Migration Policy Development” (ICMPD) s’est souvent bien impliqué dans cette problématique au niveau africain et a joué un rôle important dans la Formulation du 10e Project du FED (Fonds Européen de Développement) sur la Migration en 2010, venant en appui aux différents gouvernements pour la formulation de leur politique migratoire.

”International Migration Institute (IMI)” est une structure de “Oxford Department of International Development (ODID)” donc les travaux sur la migration internationale peuvent être d’un grand intérêt pour l’Afrique, vues les orientations et les champs souvent couverts par les études menées.


Les migrations du Sud vers le Nord ont été largement étudiées dans la littérature. Dans la plupart des cas, l’attachement à la terre natale était un devoir auquel tenaient d’abord les parents qui voyaient partir leurs enfants, et dans une moindre mesure les émigrés eux-mêmes.

La tendance depuis la dernière crise économique semble dévier du modèle passé. Le discours sur le patriotisme à l’endroit de ceux qui quittent leur pays n’a plus qu’un écho limité. Le contexte sociopolitique décrié tant de l’intérieur que de l’extérieur y est sans doute pour beaucoup : un pluralisme politique de façade avec une démocratie qui a du mal à s’exprimer ; une mauvaise gouvernance qui induit une corruption généralisée, important frein pour le décollage économique…

Du coup, davantage de parents laissent partir leurs enfants étudier et s’installer à l’extérieur (servir de passerelles aux autres enfants restés sur place tout en leur envoyant des subsides pour améliorer leurs conditions de vie). Aussi, les mariages interraciaux sont mieux acceptés aller accoucher en Europe ou aux USA pour garantir la nationalité liée à la naissance est de plus en plus prisé.

Ce changement de tendance migratoire gagnerait à être examiné en s’appuyant sur les leviers suivants :

                ℘ L’éducation comme motif d’émigration ;

                ℘ L’environnement sociopolitique du pays de départ ;

                ℘ Motivations de gains meilleurs à l’étranger ;

                ℘ Résignation à l’intégration sociale dans le pays d’accueil : baisse des contraintes maritales, aucune urgence ou nécessité de retourner au pays natal.


L’UIESP est également très préoccupée par la question migratoire. Entre autres, elle a organisé en 2010 un Séminaire international sur les migrations des jeunes et les transitions vers l'âge adulte dans les pays en développement (Rio de Janeiro, Brazil, 8-10 Décembre 2010) et le sujet revient lors de nombreuses autres rencontres scientifiques.

La Banque Mondiale a lancé en 2009 un projet d’enquête ménage sur la migration en Afrique visant à mieux connaître les caractéristiques des migrants à la fois dans les pays de départ et d’arrivée. Ceci vise à informer les décideurs politiques sur les tendances migratoires, leurs retombées, déterminants et conséquences, ainsi que les impacts de leur développement (ODID - DEMIG project).

La question de ce que peut rapporter la migration internationale s’est déjà posée à plusieurs occasions. En 2006, lors du dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement, observations et recommandations de l’UNHCR, ce dernier a souhaité ce qui suit :

i) Les réfugiés ont des droits et des besoins spécifiques dont il faut tenir compte dans les programmes de prise en charge et d’aide ;

ii) Les droits humains sont applicables à tous (y compris donc les migrants même en situation irrégulière) ;

iii) Les mesures visant à limiter la migration irrégulière ne doivent pas empêcher les réfugiés d’avoir accès à la protection internationale (des actions en amont sont souhaitables pour réduire le nombre de demandes infondées d’asile : plus d’information sur la migration, promotion des projets de développement dans les pays d’origine…);

iv) La protection des réfugiés et la gestion des flux migratoires sont des activités distinctes mais complémentaires (sont mis en cause surtout les migrants irréguliers et les demandeurs d’asile non satisfaits) ;

v) Le développement va au-delà de la simple croissance économique (la Déclaration des Nations Unies sur le droit au développement affirme que « le droit au développement est un droit inaliénable de l’homme en vertu duquel toute personne humaine et tous les peuples ont le droit de participer et de contribuer à un développement économique, social, culturel et politique dans lequel tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales puissent être pleinement réalisés, et de bénéficier de ce développement » ;

vi) Les réfugiés peuvent devenir des agents de développement (la communauté internationale devrait cibler l’aide au développement sur les régions accueillant des réfugiés et à s’assurer que ces régions soient intégrées dans les plans de développement nationaux) ; 

vii) Le rapatriement des réfugiés peut soutenir le processus d’établissement de la paix ;

viii) La promotion de l’inclusion sociale et de la tolérance contribue à assurer un impact positif de la migration sur le développement.

Ceci fait suite au « Rapport de la Commission mondiale sur les migrations internationales » publié en 2005 par COMMISSION MONDIALE SUR LES MIGRATIONS INTERNATIONALES (CMMI).

Comme catégories de migrants, on a souvent étudié les réfugiés, les exilés, les migrants réguliers ou irréguliers, les migrants forcés, etc.. Plus de regard devrait être porté sur les itinéraires et différents processus : étapes parcourues avant de se fixer dans un pays donné, migrants en perpétuel déplacement ou tout simplement de courte durée, rapports évolutifs avec les parents restés au pays d’origine, relais migratoires, mariages inter-raciaux de plus en plus acceptés, variation dans le temps et l’espace… La migration scolaire/estudiantine est de plus en plus une composante importante : partis à l’étranger pour raisons scolaires, les impétrants font tout pour s’y installer définitivement, ajoutant ainsi à la fuite des cerveaux jadis décriée. Un autre aspect important de la migration consiste à étudier les demandes d’immigration dans les principaux pays/régions de destination, car les besoins existent et il serait intéressant de savoir les profils et quantités souhaités (tels que dans les cas américains et canadiens).

Non seulement les migrations qui sont une composante essentielle de la dynamique des populations et des questions population et développement n’ont pas été retenues comme objectifs/cibles dans les OMDs, mais même les différents plans de développement pendant la période de crise économique n’ont pas intégré pareilles préoccupations dans les plans de développement visant pour l’essentiel les indicateurs macroéconomiques bien que quelques aspects sociaux soient considérés çà et là. En définitive, la migration est un phénomène difficile à maitriser et donc la fluctuation souvent importante dépend de nombreux paramètres pouvant changer rapidement (situation socioéconomique, situation des droits de l’homme, niveau de démocratie, environnement international, etc.). La question n’est pas facile à aborder et vous pouvez lire la rubrique La migration internationale dans les ODD pour en avoir une idée. Un débat plus large sera ouvert plus tard à ce sujet.

Au plan interne, on peut affirmer qu’urbanisation et migration sont intimement liées. Il existe des migrations par exemple de main d’œuvre à l’échelle internationale avec comme sites d’arrivée les zones rurales en fonction du type d’activités offert. Mais très souvent les migrants internationaux se dirigent vers les villes. A l’échelle interne, les échanges migratoires sont globalement de type ville/campagne. On parle de migration de retour pour les citadins qui décident à un moment donné de retourner vivre dans les villages. Ce phénomène reste marginal face à la masse des ruraux qui affluent vers les villes densément peuplées avec des niveaux élevés de chômage et de sous-emploi. Plusieurs théories portent sur le calcul économique et financier fait par les ruraux pour préférer aller s’installer en ville. Mais ces migrants pour la plupart peu instruits et incapables d’apprécier les vrais potentiels urbains font-ils toujours un choix bien raisonné avant leur prise de décision ? N’y a-t-il pas souvent un effet de suivisme et simplement de choix aléatoire plutôt en fonction des mirages véhiculés par ce que serait la ville qui justifieraient la décision de migrer sans un réel calcul de l’espérance des revenus nets (gains bruts moins les dépenses obligatoires en ville).

Les migrations internes sont aussi d’abord une conséquence des politiques publiques d’aménagement du territoire. Comme cette politique évolue dans l’espace et dans le temps, il va sans dire les modèles migratoires internes ne cesseront pas non plus d’évoluer.

Dans les pays africains, on continue d’expérimenter un développement dual en zone urbaine, un secteur formel cohabitant avec un secteur informel très prégnant malgré ses emplois précaires, de faible productivité et de forte pénibilité…. Le paradoxe voudrait que le développement rapide du secteur urbain grâce aux ressources et technologies existantes, tout en offrant des emplois même aux pauvres, constitue du coup un appel d’air pour les ruraux qui viendraient en masse à la recherche de l’emploi de préférence de main d’œuvre non qualifiée. Aussi, la migration ville/campagne peut à la fois être vue comme un signal et une contribution au sous développement, posant les mêmes interrogations que celles suscitées par la croissance démographique. Les options politiques ne sont pas faciles à faire : comment doser les efforts du développement avec ceux du développement rural pour minimiser les écarts de revenus entre les deux milieux ? En créant plus d’emplois en ville pour résoudre le chômage urbain, on ne résout pas forcément le problème avec l’arrivée de davantage de migrants ; la scolarisation si nécessaire est aussi une source de migration vers les villes…
Le modèle migratoire de Todaro qui cherche un équilibre approprié entre les stratégies urbaine et rurale incluant les questions démographiques est rarement appliqué dans les programmes de développement des états, la migration, comme nous l’avons déjà vue, étant un phénomène essentiellement épisodique, fluctuant, notamment en l’absence de bonne politique rigoureusement appliquée comme en Afrique. Perspective et prospective migratoires sont donc assez aléatoires et ne conduisent pas à de bonnes prévisions à long terme. Malheureusement, les projections démographiques à moyen et long terme sont nécessaires pour orienter les autres politiques de développement. Ces projections ne peuvent alors se faire qu’avec des marges d’erreurs d′importances variées, nécessitant de ce fait des révisions fréquentes en fonction des nouvelles données disponibles.


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