Population et Développement en Afrique : Indicateurs essentiels (Comprendre les évolutions en cours)
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La révolution des données : l′Afrique doit s′en saisir pour accélérer son développement socioéconomique !




Population et Développement en Afrique : Indicateurs essentiels (Comprendre les évolutions en cours) Afrique L′avenir de la population mondiale sera très tributaire de la démographie africaine !
Cette croissance aujourd′hui est encore assez significative et peut être visualisée en temps réel. Mais attention : il ne s′agit ici que d′une illustration à travers des données qui comprennent une certaine marge d′erreurs somme toute acceptable ! Pour voir, cliquez ici.
  
Principales rubriques Faiblesses et défis de la population africaine Principales sources d‘information sur la démographie africaine

Questions démographiques du moment

Plus de 7 milliards d‘humains à gérer

Nouvelles formes migratoires

La fécondité baisse-t-elle vraiment en Afrique ?

Vieillissement de la population africaine :
est-ce pour bientôt?

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La révolution des données : les outils d’analyse

Recensements de la décennie 2010 en Afrique

Les dernières EDS en Afrique

Défis démographiques du continent

Chaque opportunité démographique peut en même temps être un défi, car il n’y a pas de solution démographique seule à un problème socioéconomique. En particulier, le triptyque Éducation-formation-emploi est toujours présent et nécessite que l’on s’y penche sérieusement. Urbanisation galopante, male gouvernance avec la marginalisation des jeunes mis en marge de la vie sociale, économique et politique, etc. Bref, les situations sont sans doute très variables et ne peuvent pas être analysées de façon globale.

L’enclavement, les conflits, les questions sanitaires dans un contexte où les organisations régionales, voire continentales, ne jouent que des rôles résiduelles après les succès mitigés des initiatives allant au moins du Plan d′action de Lagos (PAL) au NEPAD, avec ce que l’on peut appeler les petits pas de l’UA ayant succédé à l’OUA.

En 2003, Stephan Smith sous le titre « Négrologie : Pourquoi l’Afrique meurt ? » publie un bulletin de santé catastrophique de l’Afrique qu’il voit agoniser. Il dépeint tous les maux plus ou moins connus de l’Afrique en commençant par sa population qu’il juge trop nombreuse, et constate tout naturellement l’absence de développement... À la question de savoir pourquoi cet état de fait, sa réponse est que l’Afrique refuse le développement avec des obstacles socioculturels sacralisés comme des gris-gris identitaires (p. 49), une mentalité propre à une économie de chasse et de cueillette : bref les Africains auraient décidé de se suicider.

De nombreuses critiques ont été apportées à cette étude et notamment les aspects non élucidés ont permis de relativiser certains propos avancés. (Source : Stephen Smith, Négrologie : Pourquoi l’Afrique meurt, Calmann-Lévy, 2003, 248 pages ; http://survie.org/billets-d-afrique/2004/121-janvier-2004/article/lire-stephen-smith-negrologie)

Comme pour répondre à Smith et atténuer les idées noires émises depuis plusieurs décennies sur l’Afrique, Jean-Michel Severino et Olivier Ray en 2010 publient : « Le temps de l'Afrique » qui va à contre-courant du pessimisme décrit sept ans plus tôt. Une révolution est en cours : celle démographique. Avec les projections de l’ONU qui tablent en moyenne sur une population africaine de l’ordre de 1,8 milliards d’habitants en 2050, dépassant de loin celle de la Chine, une réaction rapide de l’Europe est la peur d’être envahie par une immigration incontrôlée. Seulement, l’Afrique actuelle et dans les années à venir ne pas demeurer ce continent « riche en potentiel », car ce potentiel est déjà entrain de se transformer en développement avec beaucoup de convoitises. L’Europe dont la population en âge de travailler se réduit lorsque l’on se rapproche de 2050 pourra plutôt bénéficier d’une partie de ce flux migratoire…

En somme cet ouvrage relève les principaux atouts qui font que l’Afrique mérite que tous les acteurs de développement au niveau mondial s’intéressent à elle, car son avenir est bien celui du bonheur et non du malheur. Sa forte tranche d’âges actifs est un important facteur de travail et de croissance. On a peu de leçons à donner à l’Afrique qui n’est pas une entité unique et tous les états qui sont peu ou prou sur la voie de l’émergence n’ont pas suivi la même voie. C’est à chacun de trouver son chemin pour gérer ses contraintes sociales, écologiques, énergétiques et alimentaires, après avoir pris les meilleures mesures au grès des situations nationale, régionale, continentale et mondiale murement appréciées. Le déploiement chinois en Afrique et les réactions suscitées çà et là dans les chancelleries tant du nord que du sud témoignent de ce que l’Afrique d’aujourd’hui est un enjeu à saisir pour l’avenir. (Le temps de l'Afrique, par Jean-Michel Severino et Olivier Ray  ; éd. Odile Jacob, 2010, 345 p.).

En 2013, le Sénat français publie à son tour un rapport de près de 500 pages (rédigé par 13 sénateurs) sur le thème : L’Afrique est notre avenir. C’est une analyse tous azimuts de l’Afrique face aux diverses régions du monde, avec pour toile fond la place à occuper / réoccuper par la France dans les mutations en cours. (SÉNAT [français] : SESSION ORDINAIRE DE 2013-2014, RAPPORT D´INFORMATION N° 104, enregistré à la Présidence du Sénat le 29 octobre 2013. Fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées par le groupe de travail sur la présence de la France dans une Afrique convoitée)

 

Il ne s’agit plus aujourd’hui de dire si l’Afrique est bien ou mal partie, que la démocratie piétine ou que l'insécurité aggrave les incertitudes, mais bien plus de s’appuyer sur ses forces réelles observées pour la pousser à mieux avancer, en même temps que l’on cherche à corriger les faiblesses observées pour activer de nouvelles accélérations. La contribution des Africains eux-mêmes est essentielle à ce cheminement et malgré quelques tares socioéconomiques et politiques encore observées çà et là, il y a tout lieu de rester confiant qu’elles vont être résorbées progressivement avec les nouvelles générations pour un avenir africain plus prometteur. L’Afrique est sur la sélecte !

En Afrique la mortalité n’a pas encore suffisamment baissé, la fécondité reste forte et on a une croissance globale soutenue avec une population jeune. La transition n’est pas pour très bientôt. La faim et les maladies auraient pu être mieux maîtrisées sans la grande malgouvernance (corruption surtout) qui gangrène toutes les sphères de l’Etat.

Cette démographie dynamique aurait pu être un important facteur de développement si la volonté politique des gouvernants était réelle et agissante, poussant chaque acteur du développement à se donner au maximum dans son secteur de compétance, dégageant les moyens nécessaires dont l’efficacité et l’efficience sont avérées. Comme presque nulle part sur le continent on est dans ce schéma, le moindre choc socioéconomique interne ou externe est une catastrophe face à laquelle la première réaction est de se tourner vers la communauté internationale (entendre par cela pays développés et institutions qu’ils sont presque seuls à financer), un statut d’assister qui perdure depuis des décennies, fragilisant les Etats qui ont du mal à se prendre en main malgré l’immensité de leurs ressources variées.



Continent sous dépendance

            Dans les années 60, pour financer leur développement, les nouveaux États indépendants d’Afrique empruntent aux pays riches. Il s’agit alors d’une dette publique bilatérale, avec des taux d’intérêt bas, remboursable à long terme.

Dans les années 70, le financement du déficit budgétaire américain par un recours à la création monétaire, conduit à l’abandon de la parité dollar/or. Les taux d’intérêt fixes deviennent flottants, au même titre que l’ensemble des monnaies, et tendent à augmenter.

En 1973, c’est le premier choc pétrolier, les prix de l’or noir sont multipliés par 4. Les énormes bénéfices réalisés par les pays de l'OPEP (les pétrodollars) sont placés dans des banques internationales privées qui font fructifier cet argent en offrant aux pays du Sud des prêts colossaux. La Banque mondiale suit cette tendance. De 1968 à 1973, elle multiplie ses prêts par 10 et plus encore pendant les 5 années suivantes. Face à la crise dans les économies du Nord, les pays riches poussent les pays du Sud “à la consommation” : en prêtant aux pays en développement, ils espèrent trouver de nouveaux débouchés pour leurs produits. Les pays du Sud s'endettent massivement et leur dette est multipliée par 12 entre 1970 et 1980.

Très peu de contrôle s’exerce alors sur ces prêts, d’autant que, dans le contexte de guerre froide, les pays du Nord poursuivent leurs propres intérêts économiques et politiques.

Dans le même temps, les prix des matières premières agricoles (café, thé, cacao...) exportées par les pays du Sud baissent, tandis que le coût du remboursement des prêts, libellé en devises occidentales, augmente. Cette chute des termes de l’échange conduit à une diminution de la solvabilité de ces pays.

Dans les années 80, les États-Unis inaugurent une politique monétariste et relèvent très fortement leurs taux d’intérêt. Pour les pays emprunteurs qui sont mis devant le fait accompli, la charge des intérêts est multipliée par 3. Ils sont ainsi contraints d’emprunter pour rembourser. C’est le début d′une spirale infernale qui débouchera sur la crise de la dette.

En 1982, le Mexique annonce qu’il ne peut plus honorer sa dette. Les banques commerciales vont s’efforcer de diminuer leur engagement notamment grâce au système des dotations aux provisions qui permet une baisse d'imposition fiscale. Depuis cette crise, les dettes bilatérales et multilatérales, augmentent tandis que les dettes privées diminuent. En réponse, la Banque mondiale et le FMI conçoivent des programmes d’ajustement structurel ayant pour but d’assainir les finances publiques des pays endettés et tenter de rétablir leur solvabilité. La bonne réalisation de ces plans devient une condition sine qua non à l’octroi de nouvelles aides.

Devant l′ampleur des désastres sociaux provoqués par les PAS et l′impossibilité d′envisager un recouvrement de la dette des pays les plus pauvres, le FMI, la BM et les pays du G7 ont décidé en 1996 un plan de réduction de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE). Cependant, le mécanisme ne suffit pas à améliorer la situation de certains états : ligotés par le service de la dette, ils ne peuvent assurer le fonctionnement de l’état. Les budgets alloués aux services publics (santé, éducation) sont insuffisants et engendre des situations de crise. En 2005, face à la pression conjugée des états africains et des revandications altermondialistes, les états-membres du G8 ont décidé l’annulation pure et simple de la dette de 18 PPTE.



L′Afrique est une des principales destinations de l′aide publique au développement.

Néanmoins, on assiste globalement à une baisse de cette aide (déduite parfois des allégements de dettes accordés aux PPTE). De plus, les conditions d'octroi de cette aide sont là aussi souvent draconiennes et impliquent de la part du pays bénéficiaire des mesures strictes lorsqu′il s′agit d′une aide financière. D′après la Banque mondiale, "Ces critères sont le libre-échange, des droits de propriété privée garantis, l′absence de corruption, le respect de l′État de droit, des filets de sécurité sociale et de saines politiques macroéconomique et financières."

Certains pays développés avaient promis participer à hauteur de 0,7% de leur budget à cette aide, mais cela n′a pas été effectif ! En même temps les OMD sont loin d'être atteints.

Au moment où se peaufinent les ODD, l’Afrique est plus focalisée sur ses problèmes de développement (vision à l’emporte pièce, tares quotidiennes non résolues notamment en matière de corruption, de népotisme et autre malgouvernance), de sécurité (menaces djiadistes, problèmes politiques accentuant la migration internationale…).

Les leçons tirées des OMD auraient pu guider les Africains à mieux s’impliquer dans la préparation des ODD qui gagneraient à prendre en compte les spécificités régionales, voire même nationales, afin que tous puissent s’approprier cette perspective de développement qui ne doit plus être perçue comme une camisole de force que l’Occident tente avec peu de succès d’enfiler à l’Afrique à travers l’ONU et ses partenaires.


Le continent africain reste aujourd’hui encore sous la dépendance de l’aide extérieure fournie par les pays riches. En dépit de l’annulation de la dette qui pesait sur certains états (les PPTE), la situation économique de nombreux états reste encore soumise aux contraintes imposées par les états prêteurs.

Cette dépendance financière, cumulée aux difficultés déjà évoquées, conduit le continent africain à une situation de marge dans le processus de mondialisation économique actuel.


Flash Infos

Demography: the scientific study of population

In its simplest definition, demography is the scientific study of human populations. According to Landry (1945),
the term, demography, was first used by the Belgian statistician, Achille Guillard, in his 1855 publication:
Éléments de statistique humaine, ou démographie comparée. However, John Graunt′s Natural and Political
Observations Mentioned in a Following Index, and Made Upon the Bills of Mortality, published in 1662 in London,
is generally acknowledged to be the first published study in the field of demography.