Population et Développement en Afrique : Indicateurs essentiels (Comprendre les évolutions en cours)
Logo PODEV-IN Bienvenue sur PODEV-IN

La révolution des données : l′Afrique doit s′en saisir pour accélérer son développement socioéconomique !





Contenu de la page

La Recherche-Action pour un développement participatif, inclusif, responsable...


Un aperçu global de la question

La recherche soustend le champ des connaissances. Elle est à la base des progrès socioéconomiques. Seulement, elle a plusieurs déclinaisons et en fonction du sujet d’intérêt, il peut être plus pertinent d’adopter une approche plutôt qu’une autre de recherche pour identifier les problèmes, évaluer le processus et les résultats, rechercher les solutions idoines… La Recherche-Action s’est imposée comme modèle privilégiée dans un certain nombre de situations, notamment socioéconomiques. Mais qu’a-t-elle de particulier cette recherche-action ? Nous allons ici reprendre quelques définitions émises çà et là, puis donner quelques illustrations existantes soit en termes d’études de cas, de publications ou de guides que l’on peut facilement retrouver sur internet. Vous aurez ainsi une vue assez large de la question.

Le site TourismeSolidaire énonce ce qui suit : « En sciences sociales, notamment en sociologie, la recherche-action renvoie à une démarche méthodologique particulière qui soulève des interrogations de fond internes à ces disciplines, concernant le positionnement du chercheur à l’égard de son objet d’études (les relations sociales) et de son terrain d’investigation, la possibilité pour les sciences sociales de participer consciemment à un processus de changement social sans abdiquer leur scientificité et leur objectivité, et enfin la possibilité pour des acteurs sociaux de participer à l’élaboration d’une théorie de leurs pratiques.

Il est difficile et délicat d’intervenir dans un tissu aussi complexe que celui des situations de fragilité économique, sociale, culturelle et médicale. Il est également difficile de consigner et de généraliser les modes d’intervention développés sur le terrain. La recherche-action répond à ce double souci.

Une première caractéristique de la recherche-action est d’être élaborée en étroite relation avec les bénéficiaires qui deviennent partenaires.

La recherche-action n’a pas de public cible. En revanche, elle a des partenaires de réflexion, d’action, de transformation, de découverte, de dépassement... Les impliquer de près est une condition à la fois scientifique et éthique lorsqu’il s’agit de travailler à l'émergence de nouveaux modèles.

La recherche-action produit des notions de type théoriques et généralisables. Le projet d’action est doublé d’un souci de recherche. Par cette dialectique constante entre l’action de terrain et la recherche, l’analyse porte en même temps sur le problème et ses causes, sur le processus généré par l’intervention et sur les effets induits. L’interaction réciproque entre chercheurs et milieu permet au dispositif d’appréhender les phénomènes de manière systémique et de mieux les comprendre.

La recherche-action a encore comme caractéristique de vouloir tenir compte du plus grand nombre possible de paramètres de situations. Le défi de la recherche-action est d’assumer une certaine pluri-dimensionnalité. »

Il peut être intéressant d’illustrer la problématique avec le cas de l’association dénommée les Petits Débrouillards . C’est aussi un extrait d’un article de projet de recherche de doctorat .

Tel que décrit sur leur site, l′objet de l′association des Petits Débrouillards est de contribuer par ses activités au développement de l′esprit critique des personnes, socle du bon fonctionnement des sociétés démocratiques. L′association s′appuie sur la culture scientifique et technique et plus particulièrement sur la démarche expérimentale pour élaborer son action. Elle le fait de deux façons :

1. elle s′inspire des processus d′élaboration des savoirs observés dans la démarche scientifique et expérimentale pour imaginer son approche pédagogique qui vise l′autonomie, l′émancipation et l′implication des individus dans leur société ;

2. L′association utilise la culture scientifique et technique comme point de perspective pour analyser le monde et y prendre position. (Nous vous renvoyons à la charte associative téléchargeable sur la page documentation de ce blog et au projet associatif présenté sur le site national des Petits Débrouillards.)

La qualité des actions de l′association des petits débrouillards, traduction tangible de ses finalités, est fortement liée au degré d′implication et de compétence de ses acteurs de terrain (animateurs, médiateurs, guide, formateur etc.). Or ce degré d′implication et de compétence, est lui-même lié aux modalités d′accueil, de recrutement, de formation et d′accompagnement de ces derniers. (Voir problématique résumé ou détaillé.) C′est pourquoi il nous est apparu pertinent de mener une recherche-action sur le développement de dispositifs et d′environnements formateurs et accompagnant pour les acteurs de terrain.

Une analyse plus poussée de cette problématique, complétée par les apports de Jérôme Eneau en science de l′éducation, nous permet de proposer une hypothèse directrice un peu plus ambitieuse : en élaborant un dispositif de formation ouvert et à distance croisant à la fois les concepts d′autoformation et de réciprocité éducative, les associations devraient développer les caractéristiques des organisations apprenantes. Ces caractéristiques devraient elles-mêmes conduire les associations à une amélioration de la qualité de leur fonctionnement global. Or comme le suggère le principe de récursion organisationnelle de l′approche complexe d′Edgar Morin, cette amélioration globale serait à la fois origine et conséquence d′un investissement associatif plus fort des acteurs de terrain.

D′un point de vu plus opérationnel, l′objectif de cette recherche est de générer des postures et une culture rendant possible l′apparition de dispositifs de formation et d′accompagnement régionaux qui satisfassent l′ensemble des acteurs liés au projet associatif : salariés, bénévoles, sympathisants, usagers etc. Et ce, tout en conservant un degré d′investissement humain et financier qui soient en rapport avec les moyens associatifs disponibles.

Leur problématique initiale est la suivante :

Avec la promulgation de la loi 1901 sur le libre droit d′association, les organisations non gouvernementales se sont fortement développées en France sous la forme associative à but non lucratif. Leur rôle est maintenant considéré comme indispensable car elles proposent une offre de services et de produits qui, comme le rappelle la théorie du « bien être social » (Trouvé, 2004), ne sont pris en charge ni par le secteur public, ni par le secteur marchand.

Pour mener leurs actions de terrain, ces associations s′appuient sur des acteurs associatifs aux statuts variés (bénévoles, salariés ponctuels, volontariat, salariés à temps plein etc.), qui ont besoin de maîtriser des compétences spécifiques à l′activité qui leur est confiée. Autrement dit, si l′on se réfère aux travaux de Mohib (2006) sur la compétence professionnelle, ces acteurs de terrain doivent être capables de mobiliser de réels savoirs pour agir de façon efficace et légitime en tenant compte de la singularité des situations rencontrées. Or, les compétences à développer sont souvent complexes du fait d′être liées à l′humain, et d′être interdépendantes du niveau de maîtrise de l′objet social : plus l′acteur de terrain s′investit dans l′acquisition des compétences requises, plus il accroît la maîtrise du projet associatif et réciproquement, plus il maîtrise le projet, plus il aurait tendance à vouloir s′investir pour développer ses compétences.

Par ailleurs, les associations sont de plus en plus confrontées aux besoins d′innovation et d′adaptation d′ordre structurel qui impliquent des adaptations et des innovations à l′échelle individuelle comme collective. Ainsi, pour Carré (2005) il devient impératif pour les sujets (les acteurs des associations) de s′autoformer en permanence, ce qui implique de créer des organisations permettant d′accompagner socialement et pédagogiquement les acteurs de terrain dans cet auto-apprentissage individuel et collectif. Plus concrètement, les organisations doivent avoir la capacité de modifier rapidement et efficacement leur organigramme, leurs procédures, et leurs outils de travail pour permettre leurs régulières évolutions.

Le cas particulier de l′association des Petits Débrouillards :

Pour étudier cette problématique, je propose de nous intéresser plus particulièrement au mouvement de l′association des Petit Débrouillards qui s′inscrit dans le champ de l′éducation populaire. Cette association a développé une démarche éducative originale qui se base sur la pratique d′activités scientifiques et expérimentales. Elle s′inscrit dans le courant de l′école nouvelle et des méthodes d′éducation active. Ayant été responsable de formation dans l′une de ces associations, j′ai utilisé l′analyse de mon expérience comme point de départ pour cette réflexion. Ainsi, d′après mes observations, il semble que les associations de notre réseau et d′ailleurs aient du mal à développer les compétences des  acteurs de terrain  et à acquérir les caractéristiques d′une organisation apprenante (Moisan 1995). En complétant mon analyse par un premier détour théorique j′ai pu identifier quatre points susceptibles d′expliquer l′origine de ces difficultés, sans que ces points soient ni exhaustifs, ni systématiques dans l′ensemble des associations. Néanmoins, cette approche peut constituer un guide pour nos démarches de diagnostic futures.

Le premier point concerne les moyens que les associations peuvent ou veulent consacrer à leurs activités de formation et d′accompagnement internes : quelles sont leurs situations économiques? Quelles influences ont-elles sur le développement des compétences des acteurs de terrain ? Quelles sont leurs politiques de formation régionales et comment s′articulent-elles avec celles de la structure nationale ? Si des freins liés aux moyens disponibles existent, comment les contourner, et à quel prix (organisation, stratégie de développement etc.) ?

Le second point identifié concerne les niveaux de compétences et d′organisation des acteurs encadrants auxquels se rattachent des fonctions nécessitant des compétences spécifiques. Quelles sont ces activités spécifiques ? Sont-elles toutes identifiées ? Sont-t-elles toutes mises en œuvre ? Quelles sont les compétences qui s′y rattachent, comment les évaluer et les faire évoluer dans le temps ?

"Le troisième point correspond au problème du recrutement :" dans une logique traditionnelle de ressources humaines, on établit un profil de recrutement pour sélectionner des personnes répondant au mieux aux besoins identifiés. Mais dans le cas des associations d′éducation populaire, l′idée d′une démarche sélective peut sembler incompatible avec leurs valeurs et leurs normes. Il peut alors en résulter une forte hétérogénéité des publics à former. Y a-t-il ou non une sélection de faite ? Quel effet a-t-elle sur l′activité, sur la formation et l′accompagnement ? Peut-on observer des tendances dans les pratiques de recrutement et dans les profils des acteurs de terrain à l′échelle nationale ?

Le quatrième point traite du problème du temps : comme pour toute situation de formation professionnelle, il existe un risque d′incompatibilité entre le temps nécessaire à la formation des acteurs de terrain, le temps disponible de ces derniers et le temps imposé par l′organisation. Dans notre cas, il s′agit de faire passer les acteurs de terrain du stade d′exécutant dépendant, au stade d′acteur autonome et compétent. Autrement dit, il faut accompagner les acteurs de terrain pour les amener à transformer leurs « perspectives de sens » (Mezirov 2002) concernant l′objet sociale de l′association et leur formation (notamment dans sa dimension émancipatrice). Or le temps que mettent les différents acteurs de terrain pour cela, varie d′une personne à l′autre. Plus le temps d′appropriation de l′environnement associatif est faible par rapport au temps de présence de l′acteur de terrain, plus l′apport mutuel entre l′organisation et l′apprenant devrait être important. A contrario, plus le temps d′appropriation est long, plus l′effort de formation est important (et plus les risques de perte de cet investissement sont fort). Quel est de ces deux cas celui qui prédomine actuellement dans ce réseau associatif ? Peut-on observer l′influence de ce rapport « temps d′appropriation / temps de présence » sur la vie des associations ? Comment évaluer une notion telle que l′autonomie ? Que se passe-t-il entre le premier contact avec les personnes, et le moment où elles sont considérées comme autonomes ? Selon les structures, ce problème de temps a conduit, petit à petit, les associations du réseau à mettre en place des actions d′autoformation et de coformation. Quelle ampleur ont eu jusqu′ici ces pratiques, quel est leur degré de formalisation et quels ont été leurs effets ?


L′ingénierie de formation comme solution :

Pour répondre aux besoins de développement et d′adaptation des compétences individuelles et collectives des acteurs de terrain, il faudrait donc concevoir un dispositif de formation qui soit basé sur une ingénierie des compétences « concourante » (Le Boterf 2004) mettant en tension « la maîtrise des applications des procédures et l′animation des processus d′innovation » (P.Carré et G.Jean-Montcler 2004, p.428). Pour élaborer une ingénierie de ce type, sept contraintes, prenant en compte la nature même de l′ingénierie évoquée et le contexte particulier de l′association des Petits Débrouillards, ont été identifiées :

  1. Apprendre à partir de l′expérience professionnelle tel que le préconise Pastré (2004) dans son travail sur la didactique professionnelle.
  2. Apprendre à partir du collectif pour capitaliser les compétences individuelles et favoriser l′émergence d′une identité associative 3) Développer l′autonomie des personnes dans leurs apprentissages.
  3. Créer les compétences collectives des acteurs encadrants nécessaires à l′accompagnement des acteurs de terrain dans le développement de leur autonomie.
  4. Individualiser les parcours de formation.
  5. Mettre en œuvre les valeurs et les principes fondamentaux de la démarche éducative de l′association dans la démarche de formation afin de bénéficier des principes d′apprentissage vicariant (Banduras 1980), homothétique et par répétition.
  6. Prévoir un fort degré d′adaptabilité des dispositifs pour tenir compte de la diversité des réalités associatives régionales.

Pour construire le cadre théorique à partir duquel le chercheur collectif élaborera le dispositif de formation et d′accompagnement type, je propose de nous référer aux recherches de Jérôme Eneau (2005) qui répondent aux sept contraintes identifiées. Dans son ouvrage La part d′autrui dans la formation de soi (L′harmattan, 2005), il établit de façon théorique l′apport de la réciprocité éducative de Labelle (1996) à la notion d′autoformation. Il retient le concept de l′énaction de Nicole Tremblay (2003), qui trace une voie médiane entre les différentes perspectives de l′autoformation (cognitive, existentielle, émancipatrice, constructiviste, etc.). Pour l′auteur, « la réciprocité éducative invite à restituer la question de l′autonomie dans la perspective d′entre deux (ou juste équilibre) entre dépendance relative et indépendance vis-à-vis des autres et du contexte » (Eneau 2005, p.258). L′autonomie concerne l′apprentissage, le développement de soi et le rôle à jouer dans une organisation. La situation d′équilibre est obtenue par un jeu de régulation dans les relations sociales, basé sur les principes d′altérité et d′alternance. L′autoformation quant à elle, vise l′autonomie par le développement des méta-compétences d′apprentissage. Or, par le jeu des relations interpersonnelles induites par la réciprocité éducative, Eneau démontre que le développement des méta-compétences peut s′étendre à l′ensemble de l′organisation qui développe alors des méta-compétences, une autonomie et une identité collectives.

Publié le samedi, septembre 18 2010 par Vivien Braccini

Extrait pour illustration par PODEV-IN !


Suite des expériences des "Petits Débrouillards" !

PRINCIPE ET ORGANISATION DE LA RECHERCHE-ACTION

PRINCIPE

Le principe d′une recherche-action est de réaliser un va-et-vient entre la situation de terrain et une activité réflexive. Cette dernière consiste à confronter les théories scientifiques censées expliquer la réalité et les observations réalisées par le collectif de recherche sur le terrain afin d′en dégager les possibles divergences. Le travail d′interprétation de ces divergences peut aboutir à la modification des théories, des actions, voir des deux. Le principe est donc d′accomplir un cycle de recherche, une forme d′expérimentation, qui amène la situation étudiée à évoluer. Il s′agit d′observer cette évolution et d′évaluer la nouvelle situation obtenue afin d′orienter un nouveau cycle de recherche. Un cheminement, une forme de tâtonnement, qui est souvent comparé à une spirale : chaque cycle comprend différentes étapes qui, une fois réalisées, seront recommencées dans le même ordre. Mais le point d′arrivée étant toujours différent de celui du départ, la situation ne se répète pas comme dans un cercle, elle évolue comme dans une spirale :

spirale2.png

Chaque cycle (ou expérimentation) est composé de plusieurs étapes :

cycle_de_recherche.png

ORGANISATION

Pour faire vivre ce type de démarche au sein d′une organisation, il est nécessaire de créer une structure temporaire (qui dure le temps de la recherche-action) qui soit suffisamment souple pour s′adapter aux évolutions du projet de transformation et suffisamment claire pour assurer une congruence d′actions entre ce groupe temporaire et l′ensemble de l′organisation qui l′accueille. En adaptant le schéma de Michel Liu, nous vous proposons l′organisation suivante :

Organisation des instances de la RA

Dans notre cas :

Le groupe de recherche national doit être représentatif vis-à-vis de l′ensemble de l′association afin de n′omettre aucun type de points de vue. Il pourrait être composé d′une dizaine de personnes issues des salariés et des bénévoles. Pour les salariés il serait intéressant d′avoir des coordinateurs d′activités, des formateurs, un directeur. Concernant les bénévoles, la présence d′élus, d′animateurs vacataires voir de simples adhérents sera indispensable car, à priori, ils composeront la majorité des personnes à qui sont destinés les dispositifs élaborés dans cette recherche-action.

Le comité de gestion a pour rôle d′assurer le bon fonctionnement logistique et technique du groupe de recherche, garantir le respect des objectifs et de la démarche fixés par le collectif de recherche. Il assure l′animation de ce collectif dans ses différentes phases de travail et accompagne les équipes de chantier qui le demandent. Ce comité de gestion est composé de Mustapha Wafra en tant que responsable de la formation au plan national, de Nicole Poteaux professeur des Universités en tant que garant de la démarche de recherche d′un point de vue scientifique, elle assure également le liens avec le laboratoire du LISEC, et de Vivien Braccini en tant que doctorant en charge de la conduite de la recherche-action qui été par ailleurs coordinateur de formation de l′association des petits débrouillards Alsace. (Pour plus de détaille voir la pages de présentation des acteurs de ce même blog.)

Les équipes de chantier correspondent aux équipes qui œuvreront concrètement sur le terrain dans les associations régionales engagées sur ce projet. Leur composition dépendra du diagnostic local et des orientations que chaque association prendra. De même que pour le groupe de recherche national, la légitimité et représentativité locale semble être une des conditions pour que le processus de recherche aboutisse à des résultats durables et satisfaisants.

Le comité d′arbitrage correspond à une instance de validation et d′arbitrage. Il porte son regard sur les actions qui impliqueraient la gouvernance du réseau national ou qui feraient naître d′éventuelles incohérences entre le groupe de recherche et les instances préexistantes de l′association (groupe de direction, groupe formation, groupe de pilotage du projet associatif etc.). Il va de soit que le groupe de recherche-action est tenu de collaborer activement avec l′ensemble de ces instances afin d′anticiper au mieux les difficultés. En cas de conflit non résolu, le comité d′arbitrage doit pouvoir trancher. Il pourrait-être composé de la Présidence national (ou d′un mandataire), de la direction national et d′un membre des représentants des salariés au CA national.

Remarque: Cette organisation implique un haut niveau d′information sur le projet, pour l′ensemble des sphères qui composent l′association. Les risques d′incompréhension, de résistance et d′abandon seront d′autant plus importants que la communication sera faible et de mauvaise qualité.

Publié le mardi, octobre 5 2010 par Vivien Braccini

Extrait pour illustration par PODEV-IN !


Dans une page qui était encore en cours de rédaction une autre approche de la recherche-action est illustrée dans le questionnement suivant : QU′EST-CE QU′UNE RECHERCHE-ACTION ?

La recherche-action est une démarche scientifique adaptée aux sciences humaines et sociales pour aborder une situation qui semble trop complexe pour être rendu intelligible pour les outils d′observation classique, ou pour les chercheurs qui souhaite contribuer à la transformation sociale par la recherche. Elle se caractérise donc par quatre éléments fondamentaux :

  1. une rencontre entre une intention de recherche et une volonté de changement.
  2. un double objectif : résoudre les problèmes des usagers et faire avancer les connaissances scientifiques
  3. un travail conjoint entre usagers et chercheurs afin de créer un apprentissage mutuel
  4. l′établissement d′un cadre éthique négocié et accepté par tous

Liu reformule ces éléments à travers la définition suivante :

La recherche-action est une démarche de recherche fondamentale dans les sciences de l′homme qui naît de la rencontre entre une volonté de changement et une intention de recherche. Elle poursuit un objectif durable qui consiste à réunir un projet de changement délibéré et, ce faisant, contribuer à l′avancement des connaissances dans les sciences de l′homme. Elle s′appuie sur un travail conjoint entre toutes les personnes concernées. Elle se développe au sein d′un cadre éthique négocié et accepté par tous (Liu 1997, p.87).

Ainsi la recherche-action s′apparente d′avantage à un cheminement local, que cet auteur appelle une « heuristique locale », dans lequel nous tentons de tirer une théorie spécifique issue de théories générales. Une telle approche implique alors de s′intéresser à l′influence de la recherche sur ladite situation et de garantir aux personnes, sujets de recherche, une participation à leur propre transformation.

POURQUOI LE MODÈLE POSITIVISTE N′EST-IL PAS ADAPTÉ AUX RECHERCHES VISANT LA TRANSFORMATION SOCIALE ?

Avant de développer d′avantage les caractéristiques de la recherche-action, revenons sur les raisons qui font que cette approche s′est dans un certain nombre de cas substituer à la démarche scientifique positiviste classique qui est la mieux connue. Liu (1997) nous rappel dans son ouvrage que Les sciences humaines et sociales (SHS) se sont construites au court du 19ème siècle. Une période extrêmement influencée par les modèles de la démarche scientifique classique introduite par Descartes et Newton au 17ème et du 18ème siècle. En effet, la démarche scientifique de cette période connait un tel succès dans son pouvoir d′explication et de prédiction du monde, que l′ensemble de la communauté scientifique, y compris en SHS, va considérer ce modèle de pensée comme étant le seul réellement valable.

Or dès le XXème siècle, pour des raisons socio-économiques, certains chercheurs en sciences humaines (Lewyn, Dewey) ont fait face à un nouveau besoin : la résolution de problème. Autrement dit, il a fallu dépasser le stade de la recherche d′intelligibilité des situations sociales, pour viser leur transformation. Car comme nous le rappel Joly (1987), si l′on observe les sciences de la matière, c′est souvent "le constat d′échec de techniques éprouvées qui fut à l′origine des révolutions scientifiques" (cahier cueep n°9, "quelques remarques épistémologiques à propos de la recherche-action", p.16). C′est la nécessité de changement qui a notamment occasionné des révolutions scientifiques, et les chercheurs confrontés à de nouveaux phénomènes socioéconomiques n′échappent pas à cette même nécessité. Mais Ils se sont rapidement confrontés aux limites de la transposition de la démarche scientifique classique née de l′étude de la matière inerte, à l′étude de l′homme qui est un être conscient. Les SHS n′arrivaient pas à formuler des lois générales fiables et le pouvoir de prédiction est resté faible. Ainsi, Liu rappel que la démarche de résolution de problème inspiré par la démarche scientifique positiviste, dans le champ des sciences de l′organisation, se définie comme suit :

  • recueil de données,
  • analyse de données,
  • formulation du problème à partir des données analysées,
  • recherche de solutions,
  • évaluation des solutions,
  • choix d′une solution,
  • mise en œuvre de la solution retenue,
  • suivi et correction de la solution,

Une démarche qui semble rationnelle mais qui, pour qu′elle fasse preuve d′efficacité, suppose plusieurs conditions :

  1. que le corps de connaissances soit stable et universel
  2. que les données du problème soient constantes
  3. qu′en cas de conflit entre les objectifs et les intérêts, l′expert (chercheur) soit le plus qualifié pour arbitrer le conflit au sein de l′organisation
  4. que le personnel soit capable d′adopter aisément et rapidement l′organisation conçue, et ce malgré sa non participation à son élaboration

Or si l′humain étudié a conscience d′être le sujet d′étude. Il est dès lors difficile d′atteindre l′objectivité de résultats sur laquelle repose la démarche scientifique classique. Le simple fait de recueillir de l′information va provoquer une prise de conscience, des réflexions et donc une transformation de la situation étudiée. Une erreur introduite par la mesure qui, contrairement au science dite "dure" ne peu être anticipé, du fait de l′indétermination du fait sociale observé par Thorsrud. Il est par conséquent délicat d′apporter un coefficient correcteur qui compenserait l′effet de la mesure. Par ailleurs, étant donné la complexité au sens Morinnien du terme, de la nature humaine et de ses interactions avec l′environnement, la démarche consistant à réduire et isoler pour mieux comprendre est vaine. Ce sont les interactions mêmes, qui deviennent l′objet d′étude, dans ces conditions seul une approche systémique semble pertinente. Par ailleurs, la singularité des individus et des situations étudiés, rendent la reproduction expérimentale impossible, alors qu′elle constitue l′un des fondements de la science expérimentale positiviste. Avec les mêmes personnes et dans les mêmes conditions, la situation n′en sera pas pour autant identique. Pour aller plus loin, non seulement il y a singularité des situations, mais en plus de par l′effet de la prise de conscience, il y a permanente évolution des sujets au sein même d′une expérimentation, les conditions d′expérimentation sont dynamique. Il s′agit d′avantage d′étudier un processus qu′une situation. Pour ces deux raisons, Il ne peut y avoir par conséquence, ni stabilité, ni universalité des connaissances produites à partir d′une situation donnée. On ne peu s′appuyer que partiellement sur les résultats d′expériences précédentes.

A la lumière de ces différents remarques et réflexions, nous pourrions nous demander si les SHS sont de la science, et débattre de la pertinence de la recherche-action comme modèle scientifique pour agir. Jean-François Berthon propose dans sa note d′éclaircissement sur la R-A paru en 2000, une solution pour dépasser cet apparent problème. Il nous démontre que les SHS, même si l′on ne les considérait pas faisant partie de la science, elle n′en serait pas moins une discipline rationnels au même titre que la philosophie. Ce serait considéré là une famille plus large dont la science ferait partie. Les SHS "relèverez alors d′un autre paradigme que celui des sciences explicatives" et la caractéristique centrale de cette discipline serez alors que "toute prise de connaissance est transformant pour le sujet connaissant", par conséquent, "toute démarche "scientifique" dans ce domaine devrait obligatoirement intégrer les facteurs de transformation induits par cette recherche-même sur le "sujet-objet" impliqué". C′est pourquoi la recherche-action dépasse le simple choix méthodologique, elle constitue d′avantage une « révolution épistémologique ». Une autre démarche scientifique pour laquelle trois nouveaux principes épistémologiques ont été formalisés :

  • la complexité : les situations sont insécables. L'approche est obligatoirement systémique et donc multidisciplinaire.
  • L′indétermination du fait social : il est difficile de déterminer un fait à priori. « La tâche sociale est une activité composée de tâches indéterminées, aux résultats indéterminés » Thorsrud, cité par Liu (1997).
  • la singularité : bien qu′il y ait des déterminants structurels influents communs à l′ensemble des situations organisationnelles, ces dernières n′en restent pas moins singulières de par leur histoire, leur contexte et leurs comportements. Ces éléments originaux interviennent tout autant dans l′évolution des pratiques organisationnelles. Ils ne peuvent donc être ignorés au profit d′une généralisation.

L′adoption de cette démarche nous impose également l′abandon de trois principes de la démarche positiviste :

  • l′illusion de l′exhaustivité de la connaissance
  • l′illusion d′indépendance et d′objectivité du chercheur
  • l′illusion de l′objectivité et de la généralisation des résultats acquis par l′expérimentation

Au delà des aspects épistémologiques, par expérience, l′application de l′approche positiviste au science de l′organisation conduisent d′après Liu aux problèmes suivants :

  • les personnes concernées par la recherche développent du désintérêt, de la méfiance voire de la résistance au changement.
  • les décisions ne relevant que du domaine de l′expert et de la direction, l′organisation n′apprend pas à résoudre ses problèmes en autonomie et ne développe pas ses compétences collectives.
  • même si elle ne s′avère pas des plus efficaces, la solution testée est rarement abandonnée au profit d′une nouvelle, car cette démarche demande un fort investissement et impose un manque de souplesse pourtant nécessaire face à un environnement changeant.

C′est pourquoi les chercheurs en SHS créés régulièrement de nouvelles méthodes de recherches qui s′appuie sur une autre démarche scientifique. Car comme nous le rappelle Hugue Bazin, cette démarche constitue « un processus particulièrement adapté aux situations dynamiques et complexes nécessitant une reconstruction permanente des outils » (2003).

Publié le samedi, septembre 18 2010 par Vivien Braccini

Extrait pour illustration par PODEV-IN !



Quelques références utiles pour élargir votre compréhension de la Recherche-Action

Réseau Recherche-Action

Résumé du Projet de recherche au 20 avril 2010

Autoformation et éducation réciproque des acteurs de terrain des associations d′éducation populaire. « Recherche-action menée au sein du réseau national des Petits Débrouillards. », Sous la codirection de Nicole Poteaux et Michèle Kirch, Lisec Alsace, Université de Strasbourg ; En collaboration avec Moustapha Wafra de l′association Française des Petits Débrouillards

CHARTE DES PETITS DÉBROUILLARDS (Association Française)

Université Louis Pasteur de Strasbourg / Département des Sciences de l′Éducation

Mémoire de Master Ingénierie de la formation et des compétences : Un dispositif d′Autoformation pour accompagner la pratique d′une démarche d′animation autonomisante/A destination de l′association « Les Petits Débrouillards »


ÉTAT D′AVANCEMENT DE LA RECHERCHE-ACTION SUR LA FORMATION ET L′ACCOMPAGNEMENT DES ACTEURS DE TERRAIN ASSOCIATIF : entre autoformation, organisation autoformatrice et réciprocité éducative. (Vivien Braccini, Doctorant LISEC Alsace, sous la direction de Nicole Poteaux et Michèle Kirch)

L′autoformation accompagnée des salariés précaires en contexte organisationnel dans le champ socio-éducatif. Description des travaux en cours : septembre 2009

Autonomisation et émancipation, entre le faire et le dire. Une recherche-action sur le développement du dispositif de formation et d′accompagnement d′acteurs éducatifs associatifs. Par Vivien Braccini-Metz, Université de Strasbourg - LISEC


Prospective formation AG Toulouse 2012

NOTE PROSPECTIVE SUR LA STRATÉGIE DE FORMATION : De l’autodidaxie collective anarchique à l′autoformation transversale accompagnée.

Note d′état d′avancement : Recherche-Action, formation-accompagnement des acteurs éducatifs associatifs


A quoi sert la recherche ? Recherche et évaluation : L’approche de la Recherche-Action Ethnographique, par Jo Tacchi, Don Slater et Greg Hearn

Dans ce chapitre

• A quoi sert la recherche

• Recherche - action ethnographique

• Recherche étendue, recherche ciblée

• Planifier votre recherche

ESPRIT CRITIQUE – 2006 VOL.08, NO.01

Action-recherche / recherche-action en formation : Conjoindre l’expérience, l’art et la science afin de former à (se) former, par Christian Gérard

Résumé

Le sens de cette production est fondé sur une expérience de "praticien / formateur / chercheur", enracinée à une "culture terrienne" (A. Peretti de, 2005) et à la pratique d′une autoréflexion éprouvée et enseignée. Cette autoréflexion est reliée à un parcours professionnel d′enseignant, formateur, chercheur à l′université.

Paradoxalement, cette pratique s′exerçant en-soi-même, sur soi-même, est aussi réfléchie et promue à l′adresse des adultes qui (se) forment et que nous accompagnons dans ce contexte. Se former et former traduisent le sens qui émerge du système de formation qui se construit dans l′interaction des formés aux formants, et récursivement, dès lors que cette interaction est finalisée par l′intentionnalité à se projeter ; c′est-à-dire l′intentionnalité pour laquelle la production de savoirs demeure pour les uns comme pour les autres la cheville ouvrière d′une "autoformation" (G. Pineau, 1986, p.129-146). Fondé sur l’action, la formation et la recherche, ce système de formation crée les conditions d’émergence de "connaissances actionnables" (D. Schön, 1983), ou de "connaissances-processus", au sens de J. Piaget (1967).


La recherche-action, un instrument de compréhension et de changement du monde. Par  Jean-Pierre Pourtois, Docteur en sciences psycho-pédagogiques, Université de Mons – Belgique ;  Huguette Desmet, Docteure en sciences psycho-pédagogiques, Université de Mons – Belgique ;  Bruno Humbeeck, Docteur en sciences de l’éducation, Université de Mons – Belgique.

Résumé

Après avoir brièvement passé en revue l’évolution de la recherche-action, nous nous sommes attachés à réfléchir sur sa posture épistémique qui tente de confronter la prévision à la prédiction pour mieux comprendre et changer le monde. Notre proposition est celle d’une approche hétérogène de la recherche en général et de la recherche-action en particulier. Il nous apparaît essentiel que celle-ci interroge la réalité des acteurs par des voies épistémiques diverses. Par ailleurs, nous insistons sur le fait que les acteurs agissent sur un « terrain » qui n’est pas toujours aisé à décrypter et qui est parfois résistant à l’action. Douze critères, répartis en quatre axes, sont alors proposés : ils sont susceptibles de constituer une grille de lecture de la validité d’une recherche-action. Nous concluons en soulignant la complexité de la démarche qui implique trois composantes – le pouvoir, le savoir et le vouloir – et qui placent le chercheur-acteur et l’acteur-chercheur dans une constante dialectique. Mots clés RECHERCHE-ACTION, POSTURE ÉPISTÉMIQUE, CRITÈRES DE VALIDITÉ, COMPLEXITÉ

« Je pense en parlant et j’avance en agissant »

D. Cohn-Bendit (2011, 5 Mai)


 RECHERCHES QUALITATIVES –. Hors Série – numéro 15 – pp. 25-35. DU SINGULIER À L’UNIVERSEL ISSN 1715-8702 - © 2013 Association pour la recherche qualitative


La Recherche Action Participative

Définition

Les objets de la Recherche Action Participative

La Recherche Action Participative (RAP) est une méthode qui permet à tout groupe, d’enfants ou d’adultes, de trouver des solutions à leurs problèmes à travers une action après une recherche et une analyse de l’environnement, le tout réalisé par ces groupes. L’animateur chargé d’accompagner un groupe laisse une totale liberté d’initiative à celui-ci, il n’est là que pour « faciliter » la démarche entreprise par le groupe.

Les objets de la Recherche Action Participative


La Recherche Action Participative (RAP) est une méthode qui permet à tout groupe, d’enfants ou d’adultes, de trouver des solutions à leurs problèmes à travers une action après une recherche et une analyse de l’environnement, le tout réalisé par ces groupes. L’animateur chargé d’accompagner un groupe laisse une totale liberté d’initiative à celui-ci, il n’est là que pour « faciliter » la démarche entreprise par le groupe. Les thèmes ou les objets de la Recherche Action Participative peuvent être regroupés en quatre axes :

- La valorisation des capacités et l’amélioration des conditions de vie

- L’appui organisationnel ou institutionnel

- L’émergence de projets (économiques, sociaux) ou de modèles (éducation)

- L’influence des politiques publiques.


LA RECHERCHE ACTION AU SERVICE DES ORGANISATIONS PAYSANNES ET DES COMMUNAUTES RURALES AFRICAINES : Une méthode participative d′appui aux développement expérimentée par les équipes d′Iles de Paix  au Burkina Faso et au Bénin. Par Olivier Genard, Août 2009

Guide de la Recherche-Action, la planification et l’évaluation participative. SAS2 Dialogue, Ottawa, Mars 2013

Recherche et Formation

LA RECHERCHE-ACTION

Le champ des sciences humaines est traversé, depuis une dizaine d′années par des remises en causes multiples. De nombreuses questions surgissent : les recherches « classiques » sont-elles suffisantes ?

Quelle est l′utilité et la longévité de ces travaux ? Comment répondre aux urgences de l′actualité ? Comment lier plus directement l′activité théorique à la pratique sociale ? Le retour en force de la notion de recherche-action témoigne, à lui seul, de l′intensité des interrogations en cours. Nombreuses sont également les tentatives pour construire de nouvelles méthodologies, plus souples et mieux insérées dans leurs contextes.



AUTRES ESSAIS DE DÉFINITION

« La recherche-action vise à apporter une contribution à la fois aux préoccupations pratiques des personnes se trouvant en situation problématique et au développement des sciences sociales par une collaboration qui les relie selon un schéma éthique mutuellement acceptable. »

Robert N. RAPOPORT 7 (« Les trois dilemmes de la recherche-action. » / Connexions n°7, 1973, p. 115.)


« La recherche-action est un processus dans lequel les acteurs sociaux ne sont plus considérés comme de simples objets passifs d′investigation, deviennent de plus en plus des sujets conduisant une recherche avec la collaboration de chercheurs professionnels. Ce sont donc les groupes sociaux concernés qui vont identifier les problèmes qu′ils veulent étudier, en réaliser une analyse critique et rechercher les solutions correspondantes. »

Guy LE BOTERF

(« La recherche-action : une nouvelle relation entre les experts et les acteurs sociaux ? » Pour n° 90, 1983, p. 44.)

« On peut dire que la R.-A. n′est ni de la recherche, ni de l′action, ni l′intersection des deux, ni l′entre-deux, mais la boucle recursive entre recherche et action : se situer dans la complexité, c′est d′abord se situer dans cette boucle et non dans l′un ou l′autre des termes qu′elle boucle. »

Michel BATAILLE / (« Méthodologie de la complexité. » Pour n° 90, 1983, p. 33.)

« Recherche-action : modalité de recherche qui rend l′acteur chercheur et qui fait du chercheur un acteur, qui oriente la recherche vers l′action et qui ramène l′action vers des considérations de recherche, tout en refusant le postulat d′objectivité du positivisme. »

(« Lexique. » Recherche sociale. / Sous la direction de B. Gauthier. / Presses de l′Université du Québec, 1984, p. 522.)


Dans un certain nombre de domaines, il y a aujourd’hui une réelle nécessité d’adopter une approche « participative », basée sur les demandes et sur les idées des travailleurs à la base plutôt que sur les conceptions des techniciens/spécialistes. C’est l’idée de la « recherche-action » qui, sur le terrain, ne se conçoit pas aisément et par conséquent a du mal à se mettre en pratique malgré son intérêt parfois bien perçu. Il peut donc être utile de se servir des exemples réussis pour pouvoir mieux se projeter dans son domaine précis et espérer ainsi avec les travailleurs bénéficier des attentes effectives de la Recherche-Action.



La compilation dans le lien suivant Recherche-Action/Quid sous forme de Quid donne quelques pistes de compréhension de ce qu’est la notion de "Recherche-action".


Apprentissage en simple et double boucle

Chris Argyris et Schön, professeur à Harvard pour l’un et au MIT pour l’autre, définissent, dès 1974, la notion d’apprentissage en double boucle. Selon eux, l’apprentissage naît dès que nous détectons un écart "entre une intention et ses conséquences effectives" et que nous essayons de le corriger.

Il y a toujours nécessité après quelques années d’auditer un système de formation afin de s’assurer si sa cohérence avec les objectifs qui lui ont été assigné est toujours d’actualité.

On est toujours surpris du décalage entre la compréhension de la réalité que nous permettent l’audit et la vision faussée que l’on avait de la situation. De ce premier constat, ils ont pu au cours de leur recherche faire émerger les notions d’apprentissage en simple boucle et en double boucle. (Audit du système de formation).

Autrement dit, nous apprenons lorsque nous détectons une erreur et que nous la corrigeons. Dans ce cas pour eux la définition de l’erreur "est l’écart entre l’intention et le résultat".

Partant de ce premier constat, ils ont essayé de comprendre quelles étaient les conditions à l’apprentissage et surtout son inhibition. Ainsi au cours de leur pratique (action research) et les nombreux cas qu’ils ont pu traiter, Argyris et Schön font émerger la notion de routines défensives chez l’individu, frein à l’apprentissage.

L’apprentissage qu’il soit au niveau de l’individu, du groupe ou de l’organisation est une résultante de l’action. Ils relèvent deux façons de corriger des erreurs :

  • soit la modification du comportement (ne plus faire) appelée apprentissage en simple boucle,
  • soit la modification du programme maître qui produit le comportement appelée apprentissage en double boucle.

http://www.skillway.org/IMG/gif/apprentissage_agyris.gif

Pour bien comprendre ils vont s’intéresser aux stratégies d’action et vont donc définir les théories d’action. L’être humain façonne deux types de théories d’action :

- la théorie professée (ce que je dis),

- la théorie d’usage (ce que je fais).

Même s’ils ont pu déceler de nombreux comportements différents les deux auteurs ont remarqués que ces comportement obéissaient uniquement à deux théories d’usage qu’ils ont appelées Modèle I et Modèle II.

Modèle I

La théorie d’usage la plus répandue est basée sur le Modèle I. Elle comporte quatre valeurs directrices :

  • Réaliser l’objectif que l’on s’est fixé,
  • Maximiser les gains et minimiser les pertes,
  • Éliminer émotions et sentiments négatifs,
  • Adopter "la" conduite que l’on tient pour rationnelle.

De cette théorie d’usage va découler des stratégies d’action qui vont être :

  • la défense de sa position (les routines défensives sont des freins à l’apprentissage),
  • l’évaluation les pensées et les actes d’autrui,
  • l’assignation de causes à tout ce que l’on essaye de comprendre.

Un apprentissage organisationnel limité sera la conséquence de ces stratégies d’action.

Modèle II

Les valeurs directrices du Modèle II sont :

  • l’information valide,
  • le choix informé,
  • le contrôle lorsque le choix est mis en œuvre afin de pouvoir corriger les erreurs.

Même si le Modèle II est proche du Modèle I car nous retrouvons le triptyque défendre/évaluer/directrice, les stratégies d’action qui en découlent sont tout autre et permettent de réduire les routines défensives et développent l’apprentissage en double boucle.

Échelle d’inférence

Pour essayer de comprendre comment se mettent en place ces boucles d’apprentissage, l’action est gouvernée par la théorie d’usage et donc le raisonnement. Un individu fait appel à deux types de raisonnement (défensif et constructif) avec la notion d’inférence qui vient impacter sur l’action.

Argyris a défini une échelle d’inférence :

  • Degré 1 : l’individu fait l’expérience de données observables (une conversation par exemple).
  • Degré 2 : il fait une inférence quant à la signification véhiculée par les mots.
  • Degré 3 : il donne un sens aux actions de l’autre et attribue éventuellement des causes.
  • Degré 4 : ces attributions ou caractérisations sont le reflet de la théorie d’usage de l’individu.

Conclusion

Il faut donc travailler sur les degrés 2 ou 3 (inférence causale) pour empêcher la mise en place de routines défensives et favoriser l’apprentissage en double boucle.

Ce constat offre un champ d’expérimentation sans limite dans lequel se plonge Argyris. Mais la finesse de son action le pousse fréquemment à travailler sur des relations interpersonnelles afin de remettre en cause des logiques d’inférence. Et la frontière entre ce travail et l’analyse transactionnelle est souvent tenue et ouvre malheureusement de nouvelles perspectives dont les paradigmes restent à construire.


Quelques écrits sont :

  • Howard Gardner en observant des populations d’enfants "hors normes" (enfants prodiges, idiots-savants, autistes, etc ...) ou en travaillant sur des lésions cérébrales rejette l’idée que l’on puisse mesurer l’intelligence (QI) de façon pertinente. Il a ainsi commis un ouvrage sous le titre Intelligences multiples dont on peut en savoir plus au lien suivant :
  •  La direction d’une société de service a décidé d’améliorer la qualité du management pratiqué dans l’entreprise. Précédemment les formations au management étaient consacrées en priorité à l’évaluation (formation à l’entretien d’appréciation pour les nouveaux managers et démarche 360° pour les managers expérimentés), ainsi qu’à la connaissance de la politique de ressources humaines de la société (nouveaux entrants ou prises de poste). Une étude de cas à ce sujet est donnée ici : Fondamentaux du management
  • Luc Boltanski (sociologue) et Laurent Thévenot (économiste), tous les deux enseignants à l’EHESS, ont essayé de comprendre comment un accord entre des individus avec des logiques différentes se mettait en place. Pour cela ils ont défini une typologie composée de six mondes différents constitués chacun par une cité idéale.

Chacune des cités idéales répond à des grandes caractéristiques de logique d’action. La force de Boltanski et de Thévenot est de ne pas s’être arrêté à cette simple description mais d’avoir aussi étudié les terrains où les individus issus de cité idéale différente pouvaient s’entendre. Voire les détails dans École des conventions.



Quelques références relatives à la recherche-action au Cameroun :

N.B. PODEV-IN ne guarantie pas l′effectivité des actions énoncées. Nous soulignons ici simplement que l′idée n′est pas nouvelle et que l′on peut aller plus loin !

Ingénieur Qualiticien-Environnementaliste, Biologiste : Joseph Patrick Atangana Kouna, Yaoundé – Cameroun (Occupation : Formateur Environmental Resources Management and Social Issue Centre).

Ingénieur Qualiticien-Environnementaliste, spécialiste en management des systèmes environnementaux et en gestion des déchets industriels et spéciaux. Joseph BIPOUPOUTH, Consultant indépendant, Personnelle, Kribi | Cameroun, Occupation: Coordonnateur FOCAPED.

Consultante internationale : géostratège, juriste, experte en développement, Danièle Marguerite Afoubou, Yaoundé | Cameroun ; Occupation : Respectivement Chef de département de la promotion des minorités et chargée des programmes Plan et Survey Environnement et Développement Durable.

Nantie d′un Master II en stratégie, défense, sécurité, gestion des conflits et des catastrophes et une maîtrise en droit des affaires ainsi que d′autres certificats de formations post-académiques notamment en planification stratégique, management des projets, genre, gouvernance et animation/facil...

Enseignant dans la filière Architecture, Institut des beaux arts de l′Université de Douala et de l’Université de Dschang, Pierre Marie Honba, Yaoundé | Cameroun ; Occupation : Enseignant dans la filière Architecture Institut des beaux arts de l′Université de Douala et de l’Université de Dschang Responsable Travaux, Vinci Construction Sogea Satom Agence du Cameroun Pierre-Maxence DURUT, A l′écoute d′opportunités, Limbe | Cameroun ; Occupation : Responsable Travaux Vinci Construction Sogea Satom Agence du Cameroun

Actuellement en poste à Limbé au Cameroun, responsable des travaux ayant à charge : - suivi contractuel de la conduite des travaux ; - suivi technique, financier et planning des sous-traitants; - commandes des équipements et suivi des livraisons ; - relations clients, négociations de prix nou...

Consultante, COGEMIE Internationnal, GEORGETTE FUMTCHUM, Yaoundé | Cameroun ; Occupation : Consultante COGEMIE Internationnal

Master spécialisé génie énergétique et électrique; option énergies renouvelables. Certificat d′Expert en Efficacité Énergétique délivré par l′Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD). Email: fumgeorgia@yahoo.fr

Inspecteur de l′environnement, ministère environnement Cameroun, Set Ekwadi, Buea | Cameroun ; Occupation : Inspecteur de l′environnement Ministère environnement Cameroun Chef du département QHSE, CHOCOCAM/Tiger Brands International, Joseph Henri BOLAMO, Douala | Cameroun ; Occupation : Chef du Département QHSE (Head of QHSE) Chocolaterie et Confiserie du Cameroun/Tiger Brands International

Plus de 15 ans d’expérience dans le domaine QHSE (qualité, hygiène, sécurité et environnement), et notamment dans la mise en œuvre des standards OSHA 18001; ISO 14001 ; ISO 9001 et ISO 22000, dans les secteurs Études Conseils, Pétrolier, Ferroviaire, Transport & logistique, Carrières, et industrie...

Freelance, Délégué Gic Environnement et culture au Cameroun, Marcel Mbeutcha Ngawa, Douala | Cameroun ; Occupation : Consultant Relations Publiques, DP Enviro-Culture Magazine Délégué Gic Environnement et culture au Cameroun Ing des travaux en environnement, Bureau d′étude conseil en foresterie et environnement (BECOFE) Cameroun, R0STANT VERLIN KAMLEKEU, Yaoundé | Cameroun ; Occupation : Ing des travaux en environnement Bureau d'étude conseil en foresterie et environnement (BECOFE) Cameroun QHSE/ Personne Compétente en Radioprotection, Bureau Veritas, Arielle Jessica Nida Belinga, Douala | Cameroun, Occupation : QHSE/ Personne Compétente en Radioprotection Bureau Veritas.

Découvrir aussi: « Femmes au cœur de l’économie sociale et solidaire Femmes-Relais, projet pour l′intégration des femmes immigrantes (bilan de la deuxième et de la troisième année) »

Pratiques démocratiques et de gestion


Retour au menu "Appuis au Développement"