Population et Développement en Afrique : Indicateurs essentiels (Comprendre les évolutions en cours)
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La révolution des données : l′Afrique doit s′en saisir pour accélérer son développement socioéconomique !





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Que retenir des OMD ?


L’an 2015, c’est la date limite pour atteindre les OMD. Depuis l’an 2000, avec la déclaration du millénaire, les OMD ont reçu un accueil enthousiaste auprès des États africains en particulier. Cet accueil de principe s’est-il accompagné d’une réelle appropriation des objectifs listés ? La réalité c’est que l’environnement de mise en œuvre de ces objectifs a été très variable dans l’espace et dans le temps. Si la volonté politique souvent exigée pour l’aboutissement d’un projet/programme se résume en de simple texte administratif, il est tout à fait évident que cela est absolument insuffisant dans un contexte ou la bonne gouvernance n’est pas la chose la mieux partagée par les gouvernants. Passer à une autre phase de programme tout autant ambitieux que ce premier sans avoir une vue claire de son évaluation sans complaisance, dégageant les forces et faiblesses, les leçons apprises et proposant les méthodes/stratégies pour une amélioration significative des prochains projets/programmes semble risqué !  

Un autre point de vue avancé par « The Center of Global Development – CGD » est présenté dans l’encadré qui suit :


Millennium Development Ideals: The Missing Piece of a Sustainable Development Framework

9/23/13

Charles Kenny


Global Development: Views from the Center

United Nations, MDGs, Sustainable Development

This week (September 25th), the UN General Assembly will hold a Special Event on the Millennium Development Goals (MDGs).  Alongside exhortations regarding the last two years of the current set of goals, the draft outcome document of the event calls for “a single framework and set of Goals” for the post-2015 development agenda. The document suggests the new goals should cover both poverty eradication and sustainable development and should be “universal in nature and applicable in all countries, while taking account of differing national circumstances.”  I hope that language stays in the final draft (see here for why).  But if we’re going to have a single set of sustainable development goals applicable in all countries, it seems like a great time to be thinking about Millennium Development Ideals: laying out the minimum level of quality of life to which we practically aspire for everyone on the planet. 

While the current MDGs lay out the battle against absolute poverty and deprivation, no one would suggest achieving them would mean we’d reached an acceptable minimum level of quality of life for all.  Take the first goal: let’s hope we rid the world of $1.25 a day poverty.  But even if we do, no one would call $1.26 a day adequate for a high quality of life.  Millennium Development Ideals would attempt to frame and (preferably) put numbers to the outcomes that would be considered minimally adequate to achieve a high quality of life anywhere in the world.  As it might be: making it over the US poverty line of around $13 per person per day; or universal access to clean hot and cold running water in the household.  The ideals wouldn’t be targets with an end-date –it is simply preposterous to imagine we could achieve them by 2030. But they’d say where we’re hoping to end up.

Why do Millennium Development Ideals matter?  Because they round out a framework of goals aimed at confronting absolute (multidimensional) poverty and those aimed at sustainability:

·         They ensure the global relevance of sustainable development -- that the post-2015 development agenda is truly universal.  Upper middle income countries (let alone high income countries) see almost no $1.25 a day poverty –but all still need to aspire to incomes adequate for a high quality of life.  Again, many countries have universal primary enrollment, but very few countries ensure the vast majority of children end schooling fully equipped to take part in economic, social and political life.

·         They clarify the challenge in sustainable development.  That challenge is not to ensure that the world can sustain global environmental systems while many still die of conditions easily treated by antibiotics or prevented by vaccines, or half of the planet subsists on less than $3 a day or millions finish school unable to read a newspaper or add up a bill.  The challenge is to sustain global environmental systems while everyone worldwide makes rapid progress towards a high quality of life.

·         They point towards the approaches necessary to achieve sustainable development.  While it is plausible to imagine wiping out $1.25 a day poverty through cash transfers funded by existing aid budgets, for example, getting the world to a (sustainable) minimum of $13 is going to take a retooling of global trade, investment and migration rules alongside the transformation of energy production, land use and much else besides.

Lant Pritchett and I lay out the case for Millennium Development Ideals (Lant’s term, I’m just an early adopter) in this paper.  I suggest some language for them in a draft declaration in a section that begins: “It is the justifiable aspiration of the vast majority of humanity that they should enjoy an income at least high enough to surpass the national poverty lines of industrialized countries, and the health, educational and broader quality of life outcomes associated with that.” I’d hope that no one in the US and Europe would doubt such an aspiration is, indeed, justifiable –or would want to duck the consequences that follow from that.


Réflexions sur l’après OMD en 2015


Commençons par une publication de "The Global Call to Action Against Poverty (GCAP), Beyond 2015" et de "l’UN Millennium Campaign (Novembre 2012)" [Le monde que nous voulons « Beyond 2015 » : Un guide pratique pour les délibérations nationales].

Dans la première partie de l’introduction intitulée « Un contexte difficile pour un nouveau cadre d’action post-2015 », il est écrit :

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ont émergé dans une période de stabilité relative, de prospérité et de cohérence. Les économies occidentales montaient en puissance, le G7 était une force dominante de la diplomatie internationale et un consensus sur les problématiques du développement avait été atteint pendant les années 1990. Or, même si à cette période les conditions étaient plutôt favorables pour forger un accord sur des objectifs globaux de développement, près de 10 années ont été nécessaires pour développer et négocier le cadre des OMD.

Pendant la dernière décennie, ce cadre a reçu un soutien sans précédent de nombreux acteurs, notamment des gouvernements et de la société civile. Les Objectifs ont aidé à sauver la vie de millions d’hommes, de femmes et d’enfants ainsi qu’à sortir des millions de personnes de la pauvreté. Mais la crise financière est apparue et a anéanti la croyance en la pensée économique qui dominait depuis longtemps, la puissance internationale est devenue plus diffuse et multipolaire, et les changements climatiques ont laissé entrevoir des lendemains difficiles.

Les discussions sur l’après-2015 sont en train de prendre place dans une période de crises multiples et d’instabilité – et dans un monde aux ressources naturelles et fiscales limitées. Les politiques du développement ont évolué significativement depuis la Déclaration du Millénaire en 2000, et des changements majeurs dans le rapport des forces mondiales sont intervenus. La répartition de la pauvreté et des inégalités dans le monde évolue, et les outils ainsi que les acteurs qui affrontent les questions de développement ont changé. Nombreux sont maintenant les pauvres qui vivent dans des pays à revenus intermédiaires, les changements climatiques menacent les progrès accomplis, et les inégalités se sont accrues considérablement depuis que les OMD ont été adoptés.

Le monde que nous voulons! ou bien Le monde que nous voulons "beyond_2015"


On ne peut s'empêcher de se poser quelques questions : quelle est la marge de manœuvre pour les OSC ? Quels sont les impacts réels des énormes soutiens des organismes du SNA, notamment l’UNFPA et autres qui interviennent plus ou moins dans les questions de population (et développement) ? Les États africains dans leur ensemble ont quelques tares bien connues qui sont des freins au développement et au bien-être des populations. A leur nombre on compte surtout la mauvaise gouvernance et la corruption qui font que les projets et programmes bien financés ont du mal à être mis en œuvre dans de bonnes conditions pour une raison aussi bien connue : détournement des fonds alloués. D’où la question : comment font les agences du SNA dans un tel environnement pour conduire les nombreuses actions de développement déployées pour venir en soutien ou en aide à ces États, étant donné que de manière générale la collaboration de ces derniers est indispensable ? Peut-on véritablement auditer les opérations conjointes menées au cours des années ? Autrement dit, la communauté internationale qui a le souci d’appuyer les pays en développement réussit-elle dans ses objectifs et pourquoi les États dans lesquels elle est présente dans presque tous les secteurs de développement (population, santé, scolarisation, agriculture, etc.) n’améliorent-ils pas significativement leur méthode de gouvernance au fil du temps ? Il y aurait comme une sorte d’impuissance face à des systèmes corrompus et fonctionnant sur la base du clientélisme, auquel cas une partie importante des fonds difficilement acquis et ainsi supposés aider à l’amélioration des conditions de vie des populations connaîtrait le même sort que celui des ressources nationales détournées par quelques élites gouvernantes et leurs proches. Ceci serait extrêmement dommageable pour l’ensemble de la communauté internationale. Il set donc urgent de faire sans complaisance le point sur les rapports avec les gouvernants africains pour mettre le doigt sur les vraies causes de retard dans l’atteinte des objectifs entérinée par eux-mêmes, afin de mieux voir sur quels piliers fixer les bases de coopération future dans le nouveau cadre de développement qu’est l’ODD et ainsi lui assurer de meilleures réussites.

Propositions européennes

Parmi les multiples consultations pour l’après 2015, faisons un décryptage de celle de la Commission Européenne (Consultation publique Vers un cadre de développement post-2015). Il y est dit que « L'objectif de la présente consultation publique est de servir de base à la préparation de la contribution de l'UE au processus engagé par les Nations unies ». D’ores et déjà, il faut se dire que si le succès d’un processus dans le cadre de tout développement doit beaucoup aux supports financiers, il faut aussi reconnaître qu’il s’agit en somme de savoir comment sont utilisés à bon escient les fonds engagés !

Les questions portent sur les 4 points qui sont :

A. Les OMD: avantages et limites

B. La faisabilité d'un cadre futur

C. Le champ d'application potentiel d'un cadre futur

D. La configuration potentielle d'un cadre futur.


Prenons la brève explication sur la première problématique (Les OMD : avantages et limites) :

Il est généralement admis que le cadre des OMD s’est révélé être un puissant catalyseur du "momentum" politique en faveur du développement et qu’il a favorisé l’augmentation de l’aide publique au développement (APD), après la période de déclin qui a suivi la fin de la Guerre Froide. Les OMD ont placé l’éradication de la pauvreté comme objectif central de coopération au développement et l’ont positionné comme un objectif important des relations internationales en général.

En ce qui concerne l’UE, les OMD ont constitué les premières priorités de la politique de développement de l’UE depuis leur établissement au début des années 2000. L’adoption du Consensus européen sur le développement en 2005 engage l’UE dans un document politiquement contraignant approuvé par la Commission, le Conseil et le Parlement. La deuxième révision de l’Accord de Cotonou (2010) et les instruments de financement de l’UE au titre de l’assistance extérieure considèrent les OMD comme des objectifs partagés. Les OMD ont ainsi joué un rôle important dans la définition et l’orientation des politiques et des pratiques de développement de l’UE comme de ses États membres. Des retombées politiques similaires ont aussi été observées parmi d’autres donateurs et acteurs de développement.

À titre d’exemple d’initiative ciblée et dans le contexte de la poursuite des efforts de l’UE pour soutenir la réalisation des OMD, un milliard d’EUR de fonds supplémentaires ont été mobilisés en 2010 pour les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, dans le cadre de "l’initiative OMD". Cette dernière se concentre sur les pays qui ont mis en place des politiques de bonne qualité pour obtenir des résultats dans les domaines où il est le plus urgent d'agir: la faim, l’eau et l’assainissement, la santé maternelle et la mortalité infantile.

À travers son Programme pour le changement, l’UE réaffirme sa volonté de mettre l’accent sur la réduction et, à terme, sur l’éradication de la pauvreté, conformément au mandat conféré par le traité de Lisbonne, et s’est engagée à augmenter l’impact de sa politique de développement sur la pauvreté et les OMD. Ceci vise à contribuer à l’effort mondial pour réaliser les objectifs d'ici 2015, un but pour lequel l’UE n’a jamais ménagé ses efforts.

Cependant, les OMD ont aussi été l'objet de critiques. D’abord, parce que la plupart des objectifs sont fondés sur des résultats sociaux souhaités comme l'éradication de la pauvreté et de la faim, la santé, l’éducation, l’égalité des sexes. Pour certains, l’accent n’a pas été suffisamment mis sur des facteurs importants tels que la croissance, les emplois de qualité, l’équité, la protection sociale, la gouvernance, les droits de l’homme, les conflits, la fragilité, les dynamiques démographiques ou l’environnement et le changement climatique. Ensuite, les indicateurs relatifs aux OMD sont contrôlés en utilisant les moyennes des pays qui cachent souvent des inégalités internes, entre les régions et groupes de population et entre les hommes et les femmes. Enfin, il a parfois été difficile de traduire les objectifs mondiaux en objectifs nationaux spécifiques, et, de là, en programmes d’action nationaux, et l’approche suivie est critiquée car trop largement dirigée par les donateurs. Au niveau des pays, il n′est pas certain que les OMD aient transformé les politiques nationales en profondeur.

On note qu’un milliard d’EUR de fonds supplémentaires ont été mobilisés en 2010 pour les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, dans le cadre de "l’initiative OMD". Avant cette mobilisation de fonds supplémentaires quel bilan réel a-t-on des autres milliards d’EUR de fonds initiaux ? Peut-on avoir une traçabilité de l’ensemble de ces fonds aujourd’hui et quel serait la proportion d’argent réellement utilisée pour les opérations prévues ? Cette connaissance est fondamentale pour mieux se projeter dans l’avenir : l’après 2015 qui va surement nécessiter la mobilisation de davantage de fonds dont il faudra s’assurer de leur bonne gestion. Évidemment, ici c’est une panoplie de questions posées pour recueillir des suggestions pour la période post-OMD, avantages et inconvénients de ces OMD étant attendus. Il faut analyser les réponses données et les orientations retenues pour le futur pour voir s’il est possible de s’attendre à mieux dans le nouvel agenda en cours de préparation.


Quelques références utiles pour mieux comprendre comment se sont déroulées les préparations de l’agenda post 2015


Des raisons d'espérer ?


Une idée sur la définition des Objectifs de développement Durable (ODD) peut être obtenue au lien définition.

Une analyse d’IRIN en fin novembre 2015 dans Unsustainable Development Goals: Are 222 indicators too many? s’interroge sur le grand nombre d’indicateurs. Avec une pointe d’humour, on y lit ce qui suit : “Je ne m’imagine pas allant au ministère des finances ou de la planification avec une liste de plus de 200 indicateurs à actualiser par trimestre ou par an sans paraître ridicule.“

Au bilan des OMD selon CARE FRANCE OMD-objectifs-millenaire-developpement-bilan , quelques avancées sont notées dans la réduction de la pauvreté, lutte contre le paludisme et la tuberculose, l’accès à l’eau potable. Des progrès limités existent pour la plupart des objectifs, notamment en les observant par région/pays, l’Afrique subsaharienne présentant toujours les plus grands retards (éducation et santé maternelle).

De nombreux défis restent à relever. En premier lieu la gouvernance, la justice et la migration qui ont été négligées dans les OMD. On a aussi les sujets émergents tels que les changements climatiques, l’insécurité financière et économique, la multiplication des zones de conflit et plus particulièrement le terrorisme. Pour avoir un résumé du bilan des OMD, consultez OMD-Rapport global 2015 ou pour lire le rapport complet, allez au lien Rapport-2015.

Importants appuis de la communauté internationale, difficile traçabilité de l’utilisation des fonds, résultats tout au plus mitigés au cours des OMD, etc., y a-t-il des raisons d’espérer un meilleur sort pour le prochain agenda de développement en Afrique, quelque soit d’ailleurs son contenu ? Il faudrait un réel sursaut patriotique de la part des gouvernants africains qui devront davantage donner libre cours à l’expression des génies nationaux pour l’intérêt de tous. Cesser de considérer le développement comme un gâteau tout prêt à manger et autour duquel il y a bataille de positionnement pour avoir la meilleure part, voire faire des réserves inconsidérées, et admettre qu’il s’agit plutôt d’un gâteau à composer pour nourrir le plus grand nombre est un impératif à atteindre en Afrique. Si l’Afrique se réveille, il ne sera plus question de choisir des ingrédients de mauvaise qualité qui vont réduire tant la quantité que la qualité du gâteau attendu, juste parce que les gouvernants veulent « faire la recette » à des proches ou à des amis, ni fermer les yeux lorsqu’un commis de l’État chargé de faire des achats dissimule une partie des fonds, et encore moins laisser les boulangers experts pour privilégier, quelles que soient les raisons, des boulangers apprentis, médiocres ou qui ne peuvent plus tenir longtemps devant un four ! C’est une vigilance de tous les instants que doit prendre véritablement en main le peuple entier transformé très souvent en dindon de la farce . Si cette vigilance prend corps, on tendrait alors vers une réelle démocratie (pas à l′africaine !).

Malheureusement le triste débat qui a cours çà et là en Afrique portant uniquement sur la lutte pour le pouvoir en dépit des conditions de vie des populations parfois en deçà de l’acceptable ne permet pas d’être optimiste dans le moyen terme. Ce pessimisme est renforcé par le peu de contribution africaine aux réels débats au tour des objectifs de développement. Nous reviendrons dessus, car quoi qu’on en dise les ODD comme les OMD n’ont pas connu dans leur élaboration un intérêt particulier chez les Africains dont on peut se demander s’ils ont conscience des enjeux en cours. Comment dès lors s’étonner que les documents publiés ne servent tout au plus que comme un moyen pour moissonner quelques fonds – vite dilapidées - au niveau international. Une appropriation de l’agenda commun nécessite que chaque État reprenne tous les points soulevés pour se projeter en fonction des conditions locales, de la vision nationale, des politiques en cours et à venir, car forcément les objectifs communs à atteindre ne sont que des moyennes apparaissant hautes pour certains états et basses pour d’autres. En conséquence les ODD doivent être traduits en ODD nationaux bien intégrés dans les plans de développement qui sont les cahiers de charge des gouvernants, acteurs socioéconomiques/politiques et de la société civile condamnés à travailler de concert.



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